Les manoeuvres du ministre de l’Intérieur et des "chefs des cultes"

Un extrait de nos travaux du 7 mai 2011
lundi 30 mai 2011
par  lpOise
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Le 7 mai 2011 à Clermont nous avons abordé la séparation des églises et de l’État sous différents angles..Voici un extrait d’une des interventions portant sur la récente manœuvre des églises et du ministre de l’Intérieur.

Pour le programme du 7 mai à Clermont (voir article). Voici l’extrait portant sur la récente manœuvre des églises et du ministre de l’Intérieur.

Après avoir cité notre ami Philippe Forget :

"EN TERRE RÉPUBLICAINE où le citoyen s’érige par l’exercice de la raison, où il apprend à surmonter ses caractères particuliers afin de participer à la définition de l’intérêt général, que la République se mette au service de causes particulières et qu’elle contribue, par exemple, au développement médiatique d’organisations religieuses dans l’espace public, relèvent de l’absurdité politique, voire d’une nouvelle forfaiture. Si l’appareil d’État, lequel est seulement le bras exécutif de la République législatrice, ou une quelconque collectivité territoriale, laquelle doit rester subordonnée à l’unité républicaine, s’estiment assez autonomes pour soutenir l’expansion d’organisations religieuses, alors la République se trouve dévoyée par des commis et mandataires factieux, la souveraineté populaire rompue et le citoyen abusé. Pourvu qu’elles respectent l’ordre public, les règlements urbains et la sûreté nationale, les associations cultuelles jouissent du droit de prospérer civilement, cependant leur croissance ne dépendra que de leurs propres forces. "

l’intervenant a expliqué ceci :

Quel jeu va se jouer en mars et avril de cette année ?

1) Fin mars, en pleine polémique sur les initiatives de l’UMP (au moment où le pseudo débat sur la laïcité apparaît un peu trop comme une croisade) est diffusé un texte dont le titre est : « N’ajoutons pas de la confusion dans la période trouble que nous traversons ». Il est signé par la « Conférence des responsables de culte en France » opportunément créée le 23 novembre 2010. Une parenthèse pour montrer l’impact de cette manœuvre sur certains : 2 jours après cette publication un dirigeant départemental du pcf, vice président du Conseil général, s’adressait avec un grand sourire à notre secrétaire fédérale de la LP, rencontrée sur une manifestation, et lui disait en substance « ce sont les religieux qui défendent la laïcité » !!

Or que dit d’emblée ce texte des « responsables de culte ». : « Nous sommes déterminés à réfléchir et à œuvrer ensemble sur la durée, en relation avec les autorités et les forces vives de notre pays, afin que le facteur religieux y soit un élément de paix et de progrès. ».

En somme une conférence de chefs religieux, qui n’ont de « légitimité » qu’aux yeux de leurs adeptes, se positionne comme une structure nationale de collaboration avec les autorités et les forces vives : problème la séparation des églises et de l’État en France ne peut reconnaître une telle conférence, elle ne peut reconnaître un culte que comme une activité privée, permise par la loi selon des règles, la séparation ne permet de reconnaître que des associations cultuelles, variété très spécifique d’association qui, par nature, est hors du champ du politique et des services publics.

2) Le 15 avril, le ministre de l’intérieur fait un important discours sur la laïcité et la liberté religieuse dans une rencontre avec, justement, les représentants des cultes signataires du manifeste précédent,, dans une belle salle de l’hôtel Beauvau. Et là, tout y passe ! Il présente la laïcité comme étant à l’origine « un instrument de refoulement du religieux » et maintenant elle serait devenue, selon lui : « un esprit de concertation entre les religions et l’État » en s’appuyant sur les travaux du rapport Machelon. Notre ministre va jusqu’à reprendre directement un argument international des églises en disant ne pas vouloir « exclure du débat public ceux qui cherchent une réponse dans la transcendance divine ». Il définit donc un groupe de citoyens comme une communauté qui risquerait l’exclusion !!

Sans reprendre le détail des propositions, que nous avons déjà évoquées (formation des prêtres en partie payée par l’université, renforcement des moyens des aumôneries etc.), relevons, au milieu de son discours : « depuis un mois que je vous consulte, j’ai été sensible à certains de vos arguments ».

Guéant propose une sorte de ’new deal préconcordataire’, en quelque sorte il demande aux religions la possibilité de faire ses mauvais coups dans une certaine partie de la vie publique, en échange de quoi il élargit le territoire des religions et des cultes et renforce leurs facilités fiscales et leur reconnaissance.

Enfin il fait une nouvelle proposition qui va ravir les évêques de tout poil : « L’instauration d’une conférence départementale de la liberté religieuse » Elle rassemblera chaque année « les élus locaux, les responsables des services publics ainsi que les représentants des cultes. »

Ce discours du 15 avril est donc un modèle de la nouvelle alliance du sabre et du goupillon. Cette pseudo laïcité ouverte, apaisée, moderne consiste à donner un rôle plus grand aux représentants des religions, à les sortir de leur chapelles et en quelque sorte les consacrer comme des chefs de communauté, comme des représentants d’une fraction des citoyens. Et comme des gardiens de la liberté religieuse !

Ferdinand Buisson n’a cessé de combattre pour la République et l’école républicaine affranchie des prêtres. Nous n’accepterons pas que, demain, dans une conférence départementale à Beauvais on voit l’inspecteur d’Académie recevoir des recommandations et des ordres des chefs des religions qui lui diront, au nom de la liberté religieuse, comment l’école devrait comprendre des cours de religion !

Nous resterons du côté de Ferdinand Buisson. Les libres penseurs se réuniront sur sa tombe le 12 juin à Thieulloy et à cette occasion nous leur proposerons de lire un recueil de textes de Ferdinand Buisson et le concernant..Vous y trouverez aussi l’article que le jeune Ferdinand Buisson fit paraître le mercredi 10 janvier 1871 dans LA RÉPUBLIQUE DES TRAVAILLEURS, le journal hebdomadaire, organe de l’Association internationale des travailleurs (section des Batignolles et des Ternes)..Dans ce journal sa signature côtoie celle des frères Elie et Elisée Reclus, d’Alexandre Rey et de Benoit Malon.

Pour ceux qui veulent retrouver un récent article de Philippe Forget sur le site national de la Libre Pensée : LIEN


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