O tempora ! O mores !

homo politicus gallus
samedi 25 janvier 2014
par  Emmanuel Prebost
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Ce matin , j’étais dans mon lit, je faisais la grasse matinée. J’étais bien , très bien , c’était paradisiaque .....jusqu’au moment où un ami me téléphone. Il avait l’air très excité.

- Manu ! C’est très grave ! J’ai vu les sans dieux ! Ils vont se réunir ! Il paraît même qu’ils vont manger de la tête de veau.

- Hein ! Quand je gueule vingt dieux de vingt dieux, j’en vois même pas un....Et toi tu en vois cent......Tu es devenu hindouiste ?

- Tu ne comprends pas ! Il suffit d’un seul ! Avec ces gens là, le sang va couler. Tu m’entends ?

- Oui...Oui...Je vois. Tu fais une crise de foie.

- Crois moi !Un seul c’est dangereux, il peut faire des adeptes , faire feu de tout bois, nous clouer au pilori. Et là, te rends tu comptes, ils font un banquet.

- Houlà ! … Tu as aussi vu les apôtres ?

- Tu n’y entend rien. Ce sont des rouges, des barbares ! Ils fêtent la décapitation du roi , c’est pour ça qu’ils mangent de la tête de veau.

- Morbleu ! Remarques, un seizième de louis c’est pas grand chose. Est ce que tu entends aussi les voix du seigneur...

- Ah ! Non ! Elles sont impénétrables.

- Alors tout va bien .

J’ai raccroché. Je me suis levé, j’ai marché ... jusque sous la douche. Et là, béni par les eaux municipales j’ai commencé à penser...qu’à défaut d’être touché par la grâce j’avais fait de la graisse , que j’étais fauché, qu’il ne fallait pas rêver, ça ne s’arrangerait pas. Que me restait -il à faire sinon l’étude de ce qui distingue l’animal politique du commun des mortels.J’étais parcouru par des idées brillantes .J’étais tellement content de moi que je me suis dépêché de tout écrire pour ne pas oublier.

Décrivons notre animal

Sa colonne vertébrale est extrêmement souple, très fine , quasi invisible. Son état pourrait nous inquiéter mais elle lui sert à tenir au dessus des foules une tête bien pleine.Je ne sait pas de quoi elle est remplie, mais bon, c’est complet. Sauf pour les blondes extrêmes, c’est bien connu.

Notre animal à surtout un esprit créatif . Comme tous les talents, il l’a cultivé, en faisant de hautes études ; à l’ENA par exemple. Mais entre le diplôme et la pratique …. Par exemple, avec une abracadabrantesque bravitude, Mme Najat Vallaud Belkacem nous fait don du porte parolat. Vous pouvez chercher dans tous les dictionnaires ; réveiller l’académie française. La réponse sera toujours la même. De porte parolat dans la langue française, il n’y a point. Nenni ! Faut -il que notre animal soit désœuvré pour en arriver à inventer des mots.

Malgré tout, je trouve que nos politiciens ont le dos large. Si ! Si ! Je ne donnerais pas de nom puisqu’ils parlent tous la même langue. Ils Portent un dossier, ils Portent un projet, ils Portent la parole. Des vrais bêtes de somme ! (- -) Je n’ai pas dit des ânes bâtés, (-) quoique ! Bizarrement ils ne portent pas la culpabilité. Elle doit être trop lourde.

Pour vivre notre animal doit être élu. Mais il arrive que les électeurs se lassent et invitent les politiciens à prendre la porte. Notez bien qu’ils gardent la parole. J’en entends déjà parmi vous me dire « Ouuiiii ! On voit toujours les mêmes ! » Que voulez vous (-) c’est une porte à tambour.

Observez bien nos politiciens une fois les élections perdues . Les débutants abattus portent la défaite et mendient un pas de porte . D’autres après un faux pas sortent par la petite porte, hantent les couloirs. Mais les aguerris, leur défaite en étendard, s’en vont rejoindre leurs fiefs tambours battants. Et oui.. avec le temps, l’animal politique est atteint par la maladie du cumul. Il a du mal à se reproduire mais fait preuve alors d’une grande longévité. D’ailleurs la sexualité de l’animal politique semble souvent confuse.

Les vieux animaux savent bien qu’une vie est faite de va et viens. Et du haut de leur siège de maire, ils proclament « en ma bonne ville de Meaux, je connais des français qui.se sont fait volé leur emploi, leur pain au chocolat, .... » etc etc . J’ai dit Meaux, j’aurais pu en citer d’autres...L’usage de l’expression va croissant ,au risque de se retrouver comme M Coppé empêtré dans des querelles patissières . Evidement ! A rebattre les oreilles des auditeurs, ça devient une tarte à la crème et le politicien fait choux blanc.

Mais enfin ! Une ville mérite bien qu’on explore tous ses chemins, qu’on y fasse des allers et retours, surtout si elle est bonne. C’est, paraît -il ; une question de rythme. Il faut à notre animal une ville facile mais , attention, qui n’ai pas trop de maux .Sinon les électeurs prennent le politicien au mot. Et le voilà vite de glisser dans les sondages, bientôt impuissant. Pour satisfaire notre élu, il faut une ville facile mais grande : métropole régionale, de la ceinture parisienne,un arrondissement de Paris pour ceux qui n’ont pas du trop en rabbatre.

L’animal politique est toujours en train de divaguer en campagne. Il ne peut pas battre en retraite. A brides abattues, il vise les sommets, l’extase ministérielle ! De là il pourra ensemencer la France, féconder la République. Pour lui, la France est toujours malade et notre animal veut vendre sa médecine. Notre politicien s’engage alors à faire des réformes, du moins à en réussir au moins une.

Pour bien pénétrer l’opinion, il faut à notre politicien un troubadour, ou un ménestrel ,qui aille par monts et par mots répéter l’amour de son maitre pour son électorat. L’électeur le plus naïf prendra notre politicien au pied de la lettre. Mais la fièvre électorale retombée, gare au moment d’oubli où l’on risque de prendre l’administré à contre pied .

Notre animal politique espère être choisi un jour par le Grand Elu, chef de la harde et faire partie des ministres. A peine en poste, l’animal voudra plaire et ne pourra pas planter la graine de la discorde. Notre politicien devra trouver une réforme qui relève les mamelles de la France , soutenue par les partis pour en voir le bout.

Alors dans ses nuits tourmentées par la grosseur des déficits et son amour propre ; il tripote la fiscalité. Et un beau jour, il promet aux électeurs qu’il y aura moins de fonctionnaires, il promet et il promet ... qu’on ne payera presque plus d’impôts. Sitôt son ménestrel chante l’avènement de l’allègement fiscal !

Réchauffée par le souffle du troupeau des partisans, la réforme nait enfin, portée sur les banc de l’hémicycle par les mages ministériels. Mais l’électorat découvre que ses bourses se vident plus vite, qu’à la place d’avoir disparu les taxes ont fait des petits. La réforme a vécu autant qu’un feu de paille , mais qu’importe.

Notre animal politique bientôt battu mais pas abattu ; tel un noble seigneur s’en retourne en son château municipal suivi par son ménestrel juché sur son âne le bien nommé Porte Parolat. Bientôt il videra les bourses en sa bonne ville et les tambours sonneront « Oyez !Oyez ! Manants ! C’est l’heure de la réforme ! »

Mais en pleine crise de foi(e), la France ne l’écoute plus. Le bruit des bottes gronde dans les campagnes électorales, un mauvais sort semble promis à nos politiciens. Le corps électoral disparaît, l’abstention sévit, les extrémistes guettent. Et nos politiciens de se demander, à qui le tour ?

Etait-il bien nécessaire de faire la révolution en 1789 pour en arriver là ? Les plus pessimistes d’entre vous auront noté qu’une révolution c’est l’art de faire un tour pour revenir à son point de départ.


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