Ferdinand Buisson, fondateur de l’école républicaine

jeudi 20 juin 2013
par  lpOise
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Le troisième rassemblement en hommage à l’œuvre de Ferdinand Buisson rencontre un écho certain. En dépit d’une météo variable, nous serons plus nombreux cette année encore pour rappeler que l’école publique est au cœur de la République depuis qu’elle a été fondée par Ferdinand Buisson et quelques autres grandes figures républicaines du début du XXème siècle.

Le Conseil Régional de Picardie a décidé d’attribuer à cette manifestation le label "Picardie en fête", ce qui constitue, de fait, une reconnaissance de la nécessité de rappeler l’œuvre de Ferdinand Buisson, plus de dix ans directeur de l’enseignement primaire du gouvernement Jules Ferry, mais aussi :

  • prix Nobel de la Paix,
  • fondateur de la Ligue des Droits de l’Homme,
  • fondateur de la Ligue de l’Enseignement,
  • président de la Libre Pensée....

La Libre Pensée et ses partenaires continueront leur travail de mise en lumière des travaux des grands républicains car ils leur doivent plus qu’un travail de mémoire : c’est de la préservation d’une œuvre commune qu’il est question.

questions pratiques : pour le déroulement de la journée du dimanche 23 juin 2013 voir l’article paru ce mois-ci

La rencontre se déroule sous la présidence du maire de Thieuloy-St-Antoine qui accueille la manifestation dans la cour de l’école-mairie et qui veille à la bonne tenue des lieux de mémoire Ferdinand Buisson dans le village.

Les invitations lancées ont déjà obtenu quelques réponses.

La Ligue des Droits de l’Homme et la Ligue de l’Enseignement de l’Oise seront présents, ainsi que des élus représentant le Président du Conseil Général de l’Oise et le Président du Conseil Régional de Picardie.

Nous attendons aussi l’arrivée de libres penseurs des départements voisins.

La presse locale commence à annoncer l’événement.


BILAN DE CETTE TROISIÈME RENCONTRE :

Claude Gewerc, Président de Conseil Régional a demandé qu’on l’excuse. Monsieur le Maire de Thieuloy a été présent en matinée. Le Conseiller Général Joël Patin était chargé de représenter le Conseil Général de l’Oise. Il a rappelé (comme le note l’article de presse ci dessous) son profond attachement à la défense de la mémoire de Ferdinand Buisson dont l’esprit imprègne encore ce canton. Il a émis le vœu que le quatrième rassemblement regroupe encore plus de monde. Le représentant de la Ligue de l’Enseignement François Bourgeois, a présenté les salutations fraternelles de son association lors du pique nique du midi. De nombreux libres penseurs de la Fédération voisine du Val d’Oise se sont déplacés, avec leur président Claude Singer. Tous ont apprécié la conférence de Pierre Yves Ruff, dont nous rendrons compte ultérieurement. Les débats ont été constructifs, chaleureux et animés.

La Libre Pensée de l’Oise réfléchit d’ores et déjà aux modalités de l’organisation d’actions mettant en lumière la pensée de Ferdinand Buisson (école normale populaire ? ateliers ou café pédagogiques réguliers ? comité d’organisation pour la mémoire de l’œuvre de Ferdinand Buisson ?... )

NOUS VOUS TIENDRONS AU COURANT DES INITIATIVES PRISES POUR 2014

En attendant, voici deux des discours prononcés le 23 juin 2013 sur la tombe de Ferdinand Buisson :

1) Discours prononcé par Claude Singer au nom de la FÉDÉRATION NATIONALE DE LA LIBRE PENSÉE :

"Chers Amis, Chers Camarades,

Je vous apporte le salut fraternel de la fédération nationale de la Libre Pensée et de sa Commission Administrative Nationale.

Pour la troisième année consécutive, nous nous retrouvons devant la tombe de Ferdinand Buisson. Tout d’abord remercions une nouvelle fois M le Maire de Thieulloy pour son accueil. Il nous offre la possibilité d’un toit, ce qui n’est pas rien, vues les conditions climatiques

Ferdinand Buisson fut, rappelons-le, président de notre association à un moment historique, celui où fut votée la loi de séparation des Eglises et de l’Etat en 1905, instaurant les conditions matérielles de l’absolue liberté de conscience, la liberté de croyance et de pratique religieuse découlant naturellement de cette liberté absolue de conscience. Par là, les législateurs ont permis que s’installe durablement dans ce pays la paix civile. Nous avons certes de nombreux sujets de mécontentements, voire de révoltes, mais en tous les cas, ce n’est plus au nom des différentes manières de croire en Dieu que nous nous affrontons. Dans le monde, de nombreux peuples nous envient cette situation, et pour beaucoup, notre pays reste un modèle de liberté. Le mot chinois qui désigne la France, et que je me garderai bien d’essayer de prononcer, ne signifie-t-il pas tout simplement : « le pays de la liberté » ?

Bien sûr tout est une question de point de vue et vérité au-delà des Pyrénées peut-être erreur en-deçà.

Il a été rappelé au cours des débats qui ont précédé le présent rassemblement, l’œuvre scolaire et pédagogique de Ferdinand Buisson.

F Buisson voulait l’école de la République. Une école qui soit la même pour tous, sut tout le territoire de la République, et qui n’enseigne que des vérités communément acceptées. Depuis l’adoption des lois scolaires, à la fin du XIXème siècle, l’école de la République a été l’objet d’attaques incessantes de la part de ses détracteurs, avec quelques succès durables, malheureusement. Prenons les plus actuels.

À la suite de la concertation nationale sur la « refondation de l’École de la République » à laquelle avaient été associés le MEDEF, le Secrétariat général de l’Enseignement catholique et le Secours catholique, le gouvernement a présenté, le 23 janvier 2013, un projet de loi d’orientation et de programmation, dit de « refondation de l’École », et promulgué, le 24 janvier 2013, un décret relatif à l’organisation du temps scolaire dans les écoles maternelles et élémentaires. Le rapport national « Refondons l’École de la République » avait précisé que « la concertation a inscrit sa réflexion dans le cadre du nouvel acte de la décentralisation » ; sous couvert de « réussite des élèves », le projet de loi de refondation dont la modification des rythmes scolaires est un élément majeur, vise effectivement à poursuivre et tenter de mener à son terme le processus de dénationalisation de l’Enseignement public engagé depuis près de quatre décennies. Cet objectif vient de loin. La bourgeoisie française a tiré les leçons des situations révolutionnaires de juin 1936 et de la Libération : l’École républicaine, instrument d’émancipation intellectuelle, est un facteur de l’émancipation sociale, et en cela un danger pour l’ordre établi, tandis que les qualifications qu’elle dispense renchérissent le coût du travail, ce qui est insupportable au patronat et aux marchés financiers, bien évidemment. Le régime de Vichy avait supprimé les Écoles Normales d’Instituteurs, rétabli les devoirs envers Dieu, dénoncé « l’encyclopédisme »… Dès son avènement, avec la loi Debré du 31 décembre 1959 de financement des écoles privées, la Vème République a remis en selle l’enseignement catholique alors en perdition tandis que l’enseignement public allait subir contre-réforme sur contre-réforme, gouvernement après gouvernement, dans une continuité sans faille pour le transformer et le conformer aux besoins du capital. C’est le modèle de l’Enseignement privé avec l’autonomie de ses établissements, leur caractère propre, leur gestion locale par un Conseil d’Administration où siège le directeur diocésain, l’association omniprésente et toute puissante des parents d’élèves, les chefs d’établissement ayant une totale autorité sur les enseignants, qui va inspirer tous les réformateurs de l’École publique.

Tout récemment, un amendement sénatorial à la loi sur la "Refondation de l’école" , soutenu par Monsieur Vincent Peillon et le gouvernement, fait, entre autres choses, obligation aux écoles publiques et privées sous contrat d’arborer sur leur façade la devise "Liberté, Egalité, Fraternité". Un pas de plus est ainsi franchi dans l’assimilation des écoles privées catholiques au service public. C’est à une extension de la loi Debré que nous assistons, à une accélération de la partition du territoire pour se mettre à l’heure de l’acte III et de la Sainte Europe des Régions. De telles mesures ont des conséquences immédiates, destructrices de la laïcité de l’École et de l’État. Ainsi dans tel département, la directrice des services invite les représentants du diocèse à participer, avec les organisations syndicales d’enseignants, à une réunion de préparation de la rentrée, ainsi un maire convoque les enseignants du public et du privé catholique pour élaborer ensemble le "Projet Éducatif Territorial" prévu par la loi Peillon, ainsi des maires de communes dépourvues d’écoles publiques, mais où existent des écoles catholiques, peuvent se prévaloir de ce nouveau label pour freiner l’implantation de l’Ecole laïque. L’école de la République est en danger, la République une et indivisible elle-même est en danger à travers l’Acte III de la décentralisation, et sa division en territoires sur lesquels ne s’appliqueraient pas les mêmes lois et les mêmes règles. Faut-il dire que les résultats du récent réferendum en Alsace nous a conforté dans notre idée que le peuple français ne souhaite pas perdre les acquis de la Révolution contre les tenants de l’Ancien Régime.

La Fédération nationale de la Libre Pensée a engagé une campagne publique à long terme pour exiger l’abrogation de la loi Debré, mère de toutes les lois antilaïques. Elle invite tous les républicains à la signer et à la faire connaître autour d’eux. Cette campagne porte d’ailleurs déjà ses fruits. Cette question de la loi Debré que certains auraient voulu croire régler définitivement à leur profit, rejaillit à nouveau dans le domaine public, et traverse à nouveau les organisations traditionnelles de défense de la laïcité, qui avaient plus ou moins renoncé à ce combat. A la Libre Pensée, nous sommes fiers d’avoir continuer à œuvrer sans relâche pour l’abrogation des lois antilaïques, comme le voulait le serment de Vincennes rassemblant les millions de signatures (plus de 10 millions faut-il le rappeler) en 1960 pour l’abrogation de cette même loi. Nous nous félicitons que d’autres reprennent ce chemin.

Continuons donc l’oeuvre de nos aînés et notamment celle de Ferdinand Buisson

Abrogation de la loi Debré A école privée fonds privés, Fonds publics à l’école publique République Une et Indivisible

Je vous remercie"

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2) Discours prononcé par le Président de la Ligue des Droits de l’Homme de l’Oise, Gérard Van Reysel :

" La Ligue des Droits de l’Homme, par l’intermédiaire de sa section de Beauvais, est présente aujourd’hui pour honorer la mémoire de Ferdinand Buisson.

Pour honorer la mémoire d’un de ses membres fondateurs et de celui qui en fut le président de 1913 à 1926, et qui, en tant que président, n’aura de cesse de lutter pour obtenir pendant la Première Guerre mondiale et immédiatement après, que les veuves et orphelins d’une partie des fusillés, ceux qui le furent arbitrairement, "pour l’exemple", soient réhabilités. Réhabilitation pour laquelle la LDH et la LP continuent de se battre actuellement.

Ferdinand Buisson est celui qui a joué un rôle central dans l’histoire des "lois laïques", et notamment celles concernant la laïcité scolaire lorsqu’il fut chargé de définir et mettre en place l’école du peuple, gratuite, obligatoire et laïque.

Une laïcité non pas dogmatique, mais positive, qui, pour reprendre les mots d’Alain Bondelle : "conduise précisément en incluant et en reconnaissant toutes et tous à fonder et à étendre le commun".

Une laïcité fondée sur la tolérance donc, et l’égalité.

Égalité des intelligences, égalité sociale, égalité civile, égalité civique. Concepts essentiels de notre République, et qui, entre parenthèses, fondent la philosophie de la Ligue des Droits de l’Homme.

Alors pourquoi ce quasi silence aujourd’hui, sur une pensée aussi riche humainement et intellectuellement, et aussi importante, dont de multiples écrits portent témoignage, dans notre histoire ?

Alors que la laïcité est instrumentalisée et dévoyée par l’extrême droite, quand au plus haut niveau on fait preuve d’une volonté de rénover l’école élémentaire, il est temps de redécouvrir celui dont un homme politique proclamait à sa mort : "sur votre tombe, si j’avais le droit de proposer une épitaphe, je voudrais cette inscription : " ICI REPOSE UN JUSTE". "


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annonce du rassemblement dans Le Parisien
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