Une contribution à la question à l’étude

mardi 26 mars 2013
par  Lp 85
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A Luçon le 8 décembre 2012

Avec une vingtaine de participants (dont deux conseillers municipaux et un maire-conseiller général), la rencontre – débat autour d’un diaporama consacré à l’élu républicain que fut Prosper Deshayes (1833-1907 ; maire de Luçon de 1878 à 1907 ; seul député de Vendée à avoir voté la loi de Séparation) a permis de présenter la question à l’étude de la Libre Pensée : « Quel mandat, quelle action, quelle attitude, pour un Elu de la République qui se veut fidèle à la laïcité de l’Ecole et de l’Etat ?".

Le diaporama a développé plusieurs aspects de l’action de P. Deshayes. Comment un élu républicain, avec des références constantes à la révolution française de 1789 va agir pour asseoir la République. Action municipale pour l’essentiel et portant sur le développement de l’enseignement public et laïque, directement dirigé contre l’enseignement par les congrégations «  que l’enseignement civil soit donné par des congréganistes en robe ou sécularisés, il sera toujours le même, le danger toujours aussi grand. Une seule solution s’impose, le monopole de l’enseignement par l’Etat. Que le gouvernement le propose et nous le voterons !  ». En mai 1893 les conseillers de Hillerin, Bousseau et Jaud demandent une subvention de 500F pour les Frères et autant pour les Ursulines, que ce serait un témoignage de sympathie. P. Deshayes répond : «  témoignage de sympathie ? c’est mille francs ! » et poursuit « cette disparition des écoles privées dont on nous menace comme d’un malheur public n’est pas prête de se produite et dût-elle arriver, la ville de Luçon saurait faire tous les sacrifices nécessaires pour recevoir tous les enfants dans les écoles publiques ». Les diverses constructions et leur histoire ont permis de montrer cette volonté tout au long de son long mandat. Sa conception des rapports avec la religion est donnée dans une affiche électorale : « M. Deshayes n’est pas un mangeur de prêtres. Il est républicain c’est à dire tolérant. Il ne va pas à la messe chaque matin, mais il ne sait pas mauvais gré à ceux qui trouvent bon d’y aller. Il n’est pas l’ennemi des curés, mais il veut que les curés ne fassent pas de politique et qu’ils se contentent d’enseigner la morale et la religion dans leurs églises.  ». Enfin ses obsèques confirment ce point de vue que la religion est une affaire privée , avec une cérémonie à la cathédrale de Luçon. La discussion a été initiée à partir d’exemples d’atteintes à la laïcité .

*Tel maire envoie les enfants du CMJ à l’église pour la messe du 11 novembre lire un texte. La protestation d’un citoyen n’est pas un fait isolé. On sait que d’autres écrivent aux autorités. Mais une action large pour ne pas laisser ces citoyens seuls est à envisager.

*La figure de Clemenceau a été évoquée par ses positions en 1903. On a rappelé ses positions interdisant au Président de la république, aux membres du gouvernement et aux présidents des chambres d’assister au Te Deum de novembre 1918.

*Présence du premier ministre, du préfet, d’élus lors des messes aux victimes de la tempête Xynthia, invitation préfectorale à la messe de 2011, ont été dénoncés par la Libre Pensée. Les courriers adressés aux autorités ont obtenu enfin des réponses : le président de la région n’y a pas assisté, et le président du Conseil général y aurait assisté à titre personnel !

*Les interventions ont porté sur les financements directs ou indirects des cultes, essentiellement catholique.

*Les élus de Vendée ne respectent pas forcément la loi de Séparation. La crèche « annuelle » dans les locaux du Conseil Général en est un exemple.

*Les crucifix dans les mairies ont été évoqués. A l’occasion d’un changement de municipalité, tel a pu être retiré, dans le calme, et sans polémique.

*Mais il en reste. Celui de Sainte-Flaive-des-loups a une histoire liée au régime de Vichy ; lors de son installation en 1942, l’évêque ne dit-il pas «  : A la Mairie, dorénavant, nos regards rencontreront les deux symboles qui doivent nous entraîner : le Christ et le Maréchal, Dieu et la Patrie […] Qu’on ne sépare jamais les deux[…] Etre chrétien, être Français, avant tout et seulement ».

*Une conseillère a précisé que sa commune refusait toujours de payer au titre de la Loi Carle, avec l’argument des réalisations pour l’accueil par la municipalité, et avait attaqué le préfet en TA.

Il fallut bien conclure que la lutte pour la laïcité de l’Ecole et de l’Etat était toujours d’actualité. Les citoyens sont appelés à se regrouper pour mener les actions nécessaires. Pour terminer, la plupart des participants se sont retrouvés pour un banquet de « faim du monde » faim de liberté, contre l’oppression des obscurantismes de tous ordres.


Une nouvelle brochure, enrichie, est en préparation. Le diaporama devrait être présenté dans le cadre du "Printemps de la laïcité" organisé par les amicales laïques des Olonnes en mai- juin 2013.


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