Jacquerie de 1358 et la révolte des parisiens de 1357

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samedi 15 septembre 2012
par  lpOise
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Issu du premier colloque de la LP60 les 4 et 5 octobre 2008 à l’hôtel de ville de Clermont, le livre "La Jacquerie, entre mémoire et oubli, 1358-1958-2008" est paru. Pierre Rigault et Patrick Toussaint, La Jacquerie entre mémoire et oubli, 1358-1958-2008, actes du colloque de Clermont, éditions Encrage, mai 2012, ISBN 978-2-36058-007-1

Trois semaines de révolte en mai juin 1358 - une centaine de morts dénombrés chez les nobles - La répression contre Jacquerie sera de plusieurs dizaines de milliers de victimes, comme en témoignent les chroniqueurs, les miniatures, et surtout les lettres de rémission qu’écrira le roi pendant plus de deux ans pour ne pas voir décimer toute la population.

Un nom symbolique resté dans la mémoire de la langue française. Un enseignement entretenu par les écoles des IIIème et IV République puis interrompu ces dernières années..

Petit résumé .. beaucoup de questions...

La Jacquerie de 1358 commence au pont de Saint Leu d’Esserent. Le seul pont qui permette, à l’époque, de franchir la rivière Oise. Des gentilhommes de la maison du Comte de Clermont (apparenté au roi) y sont massacrés le 28 mai 1358 par la population, venue à l’aide d’un convoi qui tentait de franchir l’Oise.

Quelle en est la raison ?

Étaient-ils aux ordres du roi de France qui avait donné l’ordre de remettre en état les places fortes autour de Paris, le Paris de la révolte des bourgeois, ayant à leur tête le prévôt des marchands, Étienne Marcel ? Paris était encerclé, et il ne pouvait compter sur de l’aide que par le nord...

Le convoi venait de Montdidier, chargé de nourriture. Les soldats débandés de la guerre perdue contre le roi d’Angleterre [1] ont-ils voulu se servir au passage ou obéir aux ordres du roi d’interdire le voyage jusqu’à Paris ?

Le 2 mai le régent - dauphin (futur Charles V) a rencontré le roi de Navarre, Charles le Mauvais à Damaslieu. Puis il est allé à Compiègne et a tenu les États généraux du Vermandois Depuis que le Régent est revenu sur les Ordonnances du 30 mai 1357, les bourgeois de Paris se sont levés contre le pouvoir royal, allant jusqu’à.

En amont de la Jacquerie, la révolte des parisiens sous la direction d’Étienne Marcel, prévôt des marchands

Extrait de « La Jacquerie » de Siméon Luce – 1859 – pp. 50 à 52

« Sous la pression d’Étienne Marcel et de ses amis, en octobre 1356, puis en février 1357, les États de Langue d’Oil (800 délégués dont 400 des communes), réunis à Paris, sous la Présidence du Régent, entérinent une série de mesures propres à saper par la base les abus de l’arbitraire royal en faisant reconnaître l’autorité des communes de France. Ces mesures sont effectivement décrétées par les États dans l’Ordonnance du 30 mai 1357.

Ordonnances des Rois de France, tome III, p. 121 à 146 : « ... Les guerres privées sont interdites aux nobles ; un solde, l’équipement de l’armée, et, ce qui est plus encore, l’opportunité de poursuivre la guerre ou de la suspendre soumise à l’arbitrage des états ; les dons dans le domaine faits depuis le règne de Philippe le Bel révoqués ; le cumul et le fermage des offices de justice défendus ; la sécurité des sujets mise à couvert contre l’abus des jugements par commission ; le commerce délivré d’une inégale et ruineuse concurrence, par l’interdiction aux magistrats de faire négoce ; la perception des deniers votés soustraite à l’obscure comptabilité des agents du fisc pour être remise à des fonctionnaires élus par les états et contrôlée par des délégués tirés de leur sein ; la royauté mise en demeure de ne plus altérer les monnaies et de renoncer à l’abus du droit de prise ; enfin, le gouvernement confié, dans l’intervalle des assemblées, au roi, assisté de trente-quatre membres du conseil des états, dix-sept de l’ordre du tiers-état, onze de l’ordre du clergé, six de l’ordre de la noblesse... »

Très rapidement, le Régent, fatigué de la surveillance des trente quatre commissaires, leur défend de se rassembler. Étienne Marcel, qui jusque-là, est animé d’intentions démocratiques et généreuses qui lui donnent la stature d’un grand citoyen, entre dans la phase révolutionnaire de sa vie politique. À la tête d’une multitude furieuse, il force le palais du Régent. »

Voir en PJ la présentation du livre faite par Pierre Rigault

Ce livre est en vente auprès de l’éditeur http://www.fictionbis.com/encrage/p... et il est en présentation aux stands de la Libre Pensée de l’Oise, et au siège social sur simple demande.


QUATRIÈME DE COUVERTURE du livre publié par les éditions ENCRAGE en mai 2012

collection Hier N° 38 Ouvrage dirigé par Pierre Rigault & Patrick Toussaint

La Jacquerie Entre mémoire et oubli

Un volume broché, 15,5 × 23, 272 pages — juin 2012 ISBN 978-2-36058-007-1 — Prix public 20.00 €

La Jacquerie de 1358 est aujourd’hui absente des manuels scolaires. Jules Michelet la décrivait ainsi : « La Jacquerie est une vengeance de désespérés, de damnés ; c’est la protestation du bon droit, et du droit à la vie, contre une oppression séculaire, mais aussi, à l’origine, un moyen de résister aux brigandages. L’exaspération des humbles, chiens esragies, les pousse aux pires excès et, dans la folie de leur désespoir, ils veulent faire payer cher en quelques jours un arriéré de plusieurs siècles. »

Au milieu du XXe siècle, L’école Libératrice, journal du Syndicat National des Instituteurs, publiait des fiches pédagogiques à destination des enseignants, pour qu’ils en instruisent leurs élèves. En 1958, pour le 600e anniversaire de la Jacquerie, le syndicaliste Maurice Dommanget y précisait : « La démocratie prend sa source dans la volonté intransigeante et toujours en éveil, de se mutiner contre l’arbitraire et l’oppression. »

Ernest Lavisse écrivait que l’histoire avait pour but de préparer « les jeunes âmes à de grands devoirs ». Ne plus former et informer les élèves, c’est en faire des « amnésiques aveugles ». « Epur si mueve » disait Galilée ! Tel était le propos du colloque organisé à Clermont de l’Oise par le Libre Pensée pour le 650e anniversaire, car la mémoire de la Jacquerie perdure, sortie de l’oubli institutionnel par les citoyens associés et vigilants.


[1] (Jean le bon est fait prisonnier à Londres et on crée le franc pour payer sa rançon)


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