Dernières nouvelles de la crèche Baby-Loup (janvier 2011)

vendredi 21 janvier 2011
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Le 13 décembre dernier le Tribunal des Prud’hommes de Mantes a rendu son jugement concernant le licenciement d’une salariée.

Le tribunal a débouté la requérante de sa plainte pour « licenciement abusif pour discrimination » et s’est rangé à l’avis des défenseurs de la crèche Baby Loup : la direction de la crèche avait inscrit une clause de neutralité religieuse dans le règlement intérieur de l’établissement ; en refusant de se plier aux dispositions établies dans ce règlement intérieur, la salariée licenciée a fait preuve « d’insubordination répétée » car elle ne pouvait pas ignorer ce règlement intérieur.

Le motif du licenciement pour « insubordination » a été reconnu valable.

La salariée licenciée, conformément à son droit, a décidé de faire appel de la décision du Tribunal des Prud’hommes. C’est une Cour d’Appel qui doit trancher en dernière instance, à moins d’un ultime recours en Conseil d’Etat.

Il n’est pas dans les principes de la Libre Pensée de commenter les décisions de la justice prud’homale. C’est plutôt du ressort des organisations syndicales.

La Fédération des Libres Penseurs des Yvelines avait cependant pris position contre le battage médiatique orchestré autour de cette affaire de licenciement. Il s’agissait pour notre Fédération de dénoncer l’opération de promotion d’un certain nombre de personnalités tels M. Valls ou Mme Bougrab venus se refaire une virginité laïque à l’occasion du procès.

Depuis le procès, M. Valls a tenu d’autres propos, l’essentiel étant, semble-t-il, que les médias parlent de lui. De son côté, Mme Bougrab a eu droit à un (petit) maroquin dans le gouvernement Fillon remanié. Et la laïcité dans tout ça ?

Certains soi-disant laïques se sont extasiés devant le jugement du Tribunal des Prud’hommes de Mantes. En effet, Le Président du Tribunal des Prud’hommes a cité l’article Premier de la Constitution de la 5ème république à l’appui du jugement qu’il a rendu.

C’est tout à fait étonnant mais c’est surtout bien imprudent.

Cette affaire de licenciement relevait du droit social et non des rapports entre l’Etat et les citoyens.

A nouveau, il y a confusion des genres dans l’esprit de ces soi-disant « penseurs laïques ». Pourquoi veulent-ils assimiler les crèches publiques (qui relèvent des municipalités) et les crèches associatives qui relèvent du droit privé ?

Faire croire aux citoyens qu’il n’y a aucun danger pour la laïcité à confier des missions de service public à des associations (loi 1901) de droit privé, c’est pourtant tromper les citoyens.

Nous, Libres Penseurs des Yvelines, nous réaffirmons que les « délégations de service public » débouchent partout sur des privations. C’est le cas, par exemple, des piscines publiques dans notre département.

Concrètement, certaines associations communautaristes voudraient imposer des horaires séparés pour les hommes et les femmes dans les piscines. A Trappes, la demande a été faite pour la piscine publique et pour l’instant, la mairie s’est opposée à cette « discrimination ».

Ce refus de plier devant les revendications communautaristes s’appuie sur le fait qu’il s’agit (encore pour l’instant) d’une piscine publique. A Sartrouville, il existe un projet de « délégation de service public » pour la piscine municipale au profit d’une filiale de VEOLIA (ex-Lyonnaise des Eaux).

La Fédération des Libres Penseurs des Yvelines est opposée au communautarisme et c’est pourquoi nous réaffirmons notre revendication :

NON AUX DELEGATIONS DE MISSION DE SERVICE PUBLIC !

MUNICIPALISATION DE TOUS LES SERVICES RELEVANT DE LA PETITE-ENFANCE !

Les soi-disant laïques qui se situent sur le terrain « associatif » des délégations de service public abandonnent dans les faits le terrain de la laïcité institutionnelle.

Pourquoi ?

Remplacer les services publics par des associations « laïques », ce n’est pas innocent. C’est ouvrir la voie à la « pilarisation » que l’on connaît en Belgique où les pouvoirs publics subventionnent les associations (laïques et religieuses, avec des clauses de « transparence ») pour remplir des missions de service public. L’Etat belge (enfin ce qu’il en reste…) finance ces « piliers » religieux et laïques.

La pilarisation est en réalité l’application du Concordat napoléonien de 1802.

Sam AYACHE


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