La Charte d’Amiens, rempart contre les corporatismes d’hier et d’aujourd’hui

avec Michel Eliard
samedi 12 avril 2008
par  lpOise
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La Charte d’Amiens, rempart contre les corporatismes d’hier et d’aujourd’hui

Tel fut le thème de la réunion publique de CREIL du vendredi 11 avril à 18 h au Centre de Rencontres

C’est Michel Eliard qui est venu de Toulouse pour animer cette réunion.

Les risques d’un nouveau corporatisme sont présents dans une sorte de nouvel « encadrement » de la société à quoi rêvent les liberticides. Ceci s’exprime dans différents domaines. Ainsi les partis politiques pourraient relever d’une autorité supérieure qui leur donnerait un agrément (cf la tentative d’intégrer les partis dans les institutions par le biais de la notion de parti politique européen). En France la loi subventionne désormais fortement les partis sur les deniers publics. Les églises sont financées en Alsace-Moselle par le fait de l’ancien concordat. Les partisans du « toilettage » de la loi de 1905 ont voulu « organiser l’Islam de France » c’est-à-dire demander à l’Etat d’organiser une religion et ils rêvent aujourd’hui de confondre « cultuel » avec « culturel » . Enfin, depuis 6 mois une offensive est lancée contre la loi de 1884 qui consacre l’absolu droit des salariés de constituer leurs syndicats propres en toute indépendance : d’aucuns imaginent d’en organiser le contrôle des comptes et de les faire certifier par des cabinets externes !

Cet encadrement quand il vise précisément à cadenasser les relations sociales et à interdire aux salariés d’exprimer librement leur besoins et leur volonté propre s’appelle le corporatisme. Cette doctrine, qui prône l’association capital-travail a puisé ses sources principales dans la doctrine sociale de l’Eglise, en particulier dans l’Encyclique Rerum Novarum de Léon XIII de1891. "En février 1934, un régime autoritaire corporatiste chrétien se met en place en Autriche sous la bannière de la croix potencée. Ayant interdit les organisations ouvrières et démocratiques, il appelle les salariés à rejoindre un syndicat organisé selon les critères corporatistes et chrétiens" (Paul Pasteur, Etre syndiqué à l’ombre de la croix potencée). Cette "troisième voie" apparaît au moment où le syndicalisme ouvrier s’organise et elle trouve sa traduction politique la plus achevée dans les régimes totalitaires, corporatistes et fascistes au XXème siècle : Mussolini, Salazar, Hitler, Pétain. Le corporatisme se dresse donc contre la démocratie issue du siècle des Lumières et de la Révolution française. Dans la situation de crise politique et sociale actuelle, il réapparaît lorsqu’au niveau de l’Union européenne, par exemple, on tend à substituer un syndicalisme intégré, co-législateur, au syndicalisme indépendant.

La Libre pensée de l’Oise a estimé opportun de proposer donc une conférence qui nous redonnera le cadre historique des tentatives corporatistes. Michel Eliard en sera le conférencier

Michel Eliard a coutume d’exposer les questions avec méthode.
1) il effectue un détour historique nécessaire pour aller aux sources du corporatisme. « Sous des formes diverses le corporatisme se présente toujours comme une alternative au capitalisme et au socialisme, une troisième voie. On dénonce les mauvais côtés du capitalisme et on se propose de résoudre la question sociale, d’améliorer la situation des ouvriers et d’éliminer la lutte des classes. Ce ne sont plus les individus qui constituent la base de la société, mais la famille, l’entreprise, les corps intermédiaires. »
2) il présente les sources chez les fondateurs de la sociologie
3) il expose la mise en pratique du corporatisme au 20 siècle « La première tâche des groupes d’entreprise est d’unir tous les éléments de la profession à quelque échelon de la hiérarchie professionnelle qu’ils soient, pour que tous, agents de maîtrise, ouvriers, employés, éléments de la direction participent ensemble à l’action commune…Au syndicalisme revendicatif, doit succéder un syndicalisme de responsabilité, au syndicalisme d’opposition, un syndicalisme de coopération et d’association… » - Assises du RPF en 1948. C’est bien l’association capital-travail que DeGaulle poursuivait. Il attendra quelques années, mais il ressort ce programme en 1969 avec le projet de sénat corporatiste et sera battu.
4) il présente l’actualité de la question et répond aux questions.

Profitez du site web de la Fédération de la Haute-Garonne de la Libre Pensée qui retranscrit une intervention de Michel Eliard sur ce thème, avec de nombreux liens complémentaires instructifs.

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