La Raison 91, Numéro 73 : 500ème anniversaire de la mort de Maître Léonard

Par Alain Veysset
jeudi 24 octobre 2019
par  lpEssonne
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Hommage inspiré et croquignolesque
(Inspiré, car de mémoire. Croquignolesque car farceur et croqueur de curé.)

C’est une histoire que j’ai découverte, un soir d’insomnie, en 2003, sur une chaîne de télé : Arte, diffusée de 23h30 à 1h du matin… L’histoire très controversée du suaire de Turin. Je n’en retiens que cette version, la plus jubilatoire… Que les lecteurs fassent leurs propres recherches, tentent d’échapper à l’enfumage clérical et se fassent leur propre conviction, je ne rajouterai aucune référence, le silence épais ou les propos très malveillants qui enveloppent la version que je vous soumets sont en eux-mêmes un aveu de l’Église et de ses soutiens.

En 1998, Jean-Paul N°2, profession, pape, soumet à la recherche scientifique anglo-saxonne l’étude du linceul de Turin ramené de France en 1453 par le duc de Savoie. A l’époque, les reliques valent de l’or et génèrent des pèlerinages qui rapportent gros à leurs propriétaires…

Les pèlerinages étaient alors l’unique façon de quitter l’étroit horizon de son clocher, de son château, de sa petite ville, de voir la montagne, la mer, à une époque où le tourisme de masse ne les avait pas supplantés grâce aux congés payés du Front Populaire…

L’Église encadrait les pèlerins par des itinéraires bien balisés d’auberges, d’hôtelleries, un parcours conduisant immanquablement au centre religieux où l’on se prosternait devant la « relique »… Car en plus des vols et des dégradations, les fausses reliques sont légion… Elles sont l’objet d’un commerce très lucratif : certains saints, comme saint Martin, quand on rassemble ce qui leur appartient, possèdent plusieurs bras droit, plusieurs bras gauche, ainsi que trois, quatre jambes, des têtes, sans parler des os rajoutés, poulet, lapin, voire bourricot, et plus, qui une fois tous réunis, apparentent le saint à un monstre Alien des meilleurs films d’épouvante… Le linceul de J-C n’échappe pas à la règle, il y en a eu plusieurs… Celui qui a survécu demeure celui de Turin.

D’où le souci de J-P2, de faire encore parler de lui, de relancer l’intérêt pour cette activité : le voyage religieux concurrence du très profane congé annuel… Manque de chance, les travaux démarrés en 1998, fondés sur le carbone 14, révélés en 2002, montrent que le suaire actuel date de la fin du XV siècle, de la Renaissance, pas du Moyen-Age, encore moins de l’Antiquité. L’Église et les « scientifiques » qui s’agenouillent s’évertuent depuis, à tenter de vieillir sa création… Le problème posé alors aux autorités politiques et religieuses, était celui de l’état lamentable de conservation du suaire récupéré en 1453 qui avait subi en France de nombreuses vicissitudes dues aux guerres, aux déménagements fréquents ; il n’était plus ni présentable, ni restaurable et il valait mieux le reproduire à neuf.

Cette activité, somme toute banale à l’époque, ne pouvait se faire que dans le secret… Quoique, même la date de réunion des faussaires est évoquée dans ce documentaire, on y retrouve le duc de Savoie, le légat du pape (et du Vatican auquel appartient désormais la relique) et le technicien, l’artiste peintre, le savant inventeur prolixe, seul de son temps capable d’une très belle reproduction, mais aussi… incroyant notoire, Léonard de Vinci, le Maître …

L’Église catholique au demeurant, ne pouvait que jalouser les succès de l’Église orthodoxe avec le culte des icônes tout au long de l’époque médiévale qui mobilisait des foules innombrables. Il lui fallait donc une belle « icône » concurrente et pour une icône d’exception, un artiste d’exception, Maître Léonard. Sa Joconde est d’ailleurs devenue une icône, laïque certes, mais une icône qui attire toujours les foules. Une raison de plus de faire appel au Maître pour que ce linceul soit refait. Et se faisant, le Vatican, qui voyait un peu plus loin que les donjons et les clochers, n’a pas hésité, à l’occasion, à appuyer (par charité ?) un peu plus sur la tête du noyé qu’était l’Église orientale, après la prise de Constantinople par les turcs, en 1453.

L’étude prouve que les traces de sang du linceul ne sont que de la peinture, pigments complexes qu’utilisait Léonard ; peinture aussi les fioritures. En revanche, les contours du visage et du corps en noirs sont des brûlures du tissu. D’où l’hypothèse très pertinente, dès 1995, de la « protophotographie ». Léonard et d’autres chercheurs italiens travaillaient déjà sur la chambre noire. Une tour ronde avec une simple meurtrière leur servait de laboratoire. Un linceul humide prend les formes d’un corps ; exposé vivement à la chaleur et à la lumière solaire, le linceul sèche et les formes gardent leur volume, ce qui est le cas du suaire. L’alchimiste Léonard avait dans son sac plus d’une poudre « magique » pour imprégner le tissu afin de le rendre présentable pour une archaïque impression photographique… Alors pourquoi l’image obtenue, se demandent les scientifiques qui se sont penchés sur le suaire, en particulier le visage, ressemble-t-elle autant aux autoportraits du Maître ? Première raison : une façon habile de signer son œuvre, puisqu’une signature en bas du suaire n’était pas envisageable… Deuxième raison : un pied de nez à l’Église catholique, voire un doigt d’honneur, sachant que devant ce suaire, donc devant ce portrait d’artiste facétieux, allait se prosterner toute la chrétienté en manque de J-C… Et, troisième raison un clin d’œil à la science et à l’humanité, avec ce… tout premier selfie de l’histoire !

Alain Veysset

L’article ci-dessus a été publié dans le n° 644 de La Raison (édition nationale), juin 2019. Son auteur nous a fait parvenir un addendum :

Addendum

Mona Lisa, une icône figée à laquelle il ne manque que des petites croix, le bras et deux doigts levés, pour ressembler à une sainte vierge orthodoxe… Problème : ce sourire en coin radieux et ironique, qui semble narguer la religion. Une caricature d’icône, à la limite du blasphème ! Léonard, ce sulfureux paroissien qui aimait la jouer à l’envers, a donc préféré se réfugier, en France, chez François Ier, finir ses quatre dernières années de vie, tranquille et en sécurité.

Mona Lisa est aussi une clé qui permet de redécouvrir la guerre larvée, multiséculaire, faite surtout de coups bas, entre l’Église latine et l’Église grecque. Léonard, l’homme de la plaine padane à mi-chemin entre Turin, Venise, Rome, et… Ravenne…

Il n’y avait pas que Venise pour vouloir s’emparer de Constantinople en 1204 et se payer ainsi le transport de la 4ème croisade. L’Église romaine se défausse et fait porter au Doge l’ignominie du conflit…

En réalité, il y avait aussi le cardinal et légat du pape Pierre de Capoue pour soutenir le moral, mener l’assaut des croisés, se servir lors du pillage et porter un coup majeur aux orthodoxes… (Pas de légat du pape pour la prise de Jérusalem, mort à Antioche, non remplacé… ) .

Plus proche de nous (cela m’a sauté aux yeux suite à l’intervention de J.-L. Mélenchon à l’Assemblée Nationale pour féliciter le président de la Cour des Comptes et parler de la Grèce) : le sort fait à la Grèce, pays ravagé par l’Union européenne, sans aucune raison sérieuse, encore plus endetté qu’avant la purge, n’est-il pas aussi lié à la volonté idéologique et cléricale de cette Europe vaticane au drapeau Vierge Marie de piller et écraser le peuple de la première puissance orthodoxe de l’Union…

Mona Lisa pourrait bien être aussi une forme de réprobation de ces guerres fratricides, une icône ironique face au comportement Ponce-Pilate du Vatican lors du siège de Constantinople… Léonard, un contestataire et un gêneur, qui en savait trop…


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