Communiqué de presse du 9 novembre 2006

samedi 5 janvier 2008
par  lpLoire
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FÉDÉRATION DÉPARTEMENTALE DES ASSOCIATIONS DE LIBRE PENSÉE ET D’ACTION SOCIALE DE LA LOIRE

Siège social : salle 15 bis, Bourse du travail, cours V. Hugo, 42 000, Saint-Étienne

Communiqué de presse du 9 novembre 2006

Le bureau de la Fédération de la Libre Pensée de la Loire constate que dans le département les cas de violation de la loi de Séparation des Églises et de l’État de 1905 sont de plus en plus fréquents. Souvent ces violations ont un coût financier extrêmement lourd pour tous les contribuables dont la majorité, il faut le rappeler, ne pratique aucune religion.

Il faut en effet que chaque citoyenne et chaque citoyen sachent que la masse – considérable - des crédits accordés par l’État, les conseils régionaux, les conseils généraux, voire les conseils municipaux, tant aux édifices religieux (quel qu’en soit le statut), qu’aux écoles confessionnelles, qu’aux associations d’inspiration religieuse sont prélevés sur les impôts payés par tous, et donc par la majorité de la population qui – enquêtes et statistiques le prouvent - n’a - de surcroît - aucune attache cultuelle affirmée.

Deux exemples empruntés à l’actualité ligérienne, l’un concernant le culte catholique, l’autre le culte musulman, éclaireront notre propos.

Récemment on a vu à La Versanne, le Conseil général accorder une subvention de 140 000 euros au titre de participation à la réfection d’une église en ruines. A l’heure où le Conseil général se plaint - à juste titre - du désengagement de l’État dans la prise en charge d’aides à des populations en proie aux multiples difficultés d’existence que l’on connaît, chacun appréciera la destination des 140 000 euros de fonds publics choisie par l’instance départementale élue. De même, à Saint-Étienne, on est en droit de s’interroger sur les conditions financières faites au culte musulman pour qu’il puisse disposer d’un chapiteau en attendant l’achèvement de la mosquée.

La laïcité est bafouée de toutes les façons.

Force n’est-il pas par exemple de constater que la municipalité stéphanoise adopte le point de vue communautariste, à l’opposé de la conception républicaine héritée de la Révolution française et des lois laïques régissant les inhumations, en délimitant des « carrés » réservés aux morts appartenant au culte musulman ? L’existence d’un tel carré aujourd’hui servira de précédent à l’existence de « carrés », protestant, catholique, israélite, bouddhiste, hindouiste etc., demain.(1)

Force n’est-il pas de constater que la fin des travaux de La Versanne a vu le représentant de l’État, en la personne du directeur du cabinet du préfet, le vice-président du Conseil général, le député Ciniéri, le maire de La Versanne, participer à la bénédiction de l’église par l’évêque du diocèse de Saint-Étienne ? On se croirait revenu à l’époque de l’Ordre moral incarné successivement par M. Thiers et le maréchal Mac Mahon de peu glorieuse mémoire à moins que l’on ne songe à un autre maréchal - plus proche chronologiquement - auquel la hiérarchie catholique, aux heures sombres de l’occupation, avait fait une complète allégeance.

La Libre Pensée ne cesse de relever les atteintes permanentes, quasi quotidiennes, à la laïcité. Elle poursuit ses « inventaires » qui rendent visibles les sommes considérables détournées des budgets publics vers des œuvres religieuses de toute nature. La Libre Pensée de la Loire rendra publics les premiers résultats auxquels, grâce au travail d’investigation de ses adhérents, elle a abouti. La date de ce bilan départemental a été fixée au samedi 2 décembre de 14h 30 à 18h, à la Maison des Associations (salle 30), 4 rue André Malraux, à Saint-Étienne. Lors de cette réunion-bilan, ouverte à toutes les organisations attachées à la laïcité ainsi qu’aux citoyennes et citoyens laïques, se prépareront les États généraux de défense de la laïcité du 9 décembre à Paris où seront rassemblés les faits et les chiffres qui constituent autant d’actes d’accusation contre les fossoyeurs de la grande loi républicaine de Séparation des Églises et de l’État.

(1) La circulaire du ministre l’intérieur du 14 février 1991 qui autorise la distinction de carrés musulmans est dépourvue de toute valeur réglementaire. Son texte est illégal à deux titres. Il contrevient à la fois au principe de neutralité de l’Etat et aux dispositions de la loi du 14 novembre 1881 qui a laïcisé les cimetières.


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