Banquet gras du 25 mars 2016

samedi 12 mars 2016
par  lpOise
popularité : 10%

le 25 mars à l’Auberge du Pont de St Maximin à midi

là d’où est partie la Jacquerie de 1358....

La Fédération de la Libre Pensée de l’Oise invite les libres penseurs qui souhaitent affirmer leur volonté de ne se plier à aucun dogme à venir banqueter ensemble à l’Auberge du Pont de St Maximin le vendredi 25 mars à 12 h.

Ambiance, bonne humeur et discours !

Inscription et réservation obligatoires avant le 21 mars à

lp60fd@yahoo.fr,

ou par courrier à l’adresse du siège social :

LIBRE PENSÉE DE L’OISE 9 RUE PAUL BERT 60180 NOGENT

Début du discours préparé pour la circonstance ci dessous. Si vous voulez la suite, il vous suffit d’être présent !

Discours pour le Banquet du vendredi-malsain du 25 mars 2016 (préparé par Dominique Goussot et Christian Eyschen)

Citoyenne, citoyen, Chers camarades, Chers amis,

"Les Fédérations départementales de la Libre Pensée qui le souhaitent, organisent chaque année un banquet traditionnel pour le vendredi-dit-saint, que, depuis quelques années, nous appelons le vendredi malsain. L’ironie n’a jamais manqué aux libres penseurs.

Nous voulons tout d’abord, à travers ces banquets, célébrer une ode à la liberté de conscience et aussi marquer notre condamnation de tous les interdits religieux. Et ce n’est pas ce qui manque en ce bas monde.

Les listes officielles d’interdits dans le Judaïsme (il y en a 365) et dans l’Islam (il y en a 70) répondent à ceux, forts nombreux, des différents christianismes. Interdits qui sont surtout sexuels, mais aussi alimentaires. En matière de mœurs : concubinage, divorce, homosexualité, contraception, avortement... le pouvoir abusif d’un quelconque clergé est tout aussi inacceptable que dans les institutions ou à l’école. C’est la question du cléricalisme. Au-delà des commandos anti-IVG, de la dénonciation du mariage pour tous, de l’étranglement du Planning familial, l’arrogance renouvelée des clergés exerce une pression croissante contre les récents, imparfaits et fragiles acquis, qui n’existent que dans quelques pays. L’armée vaticane n’a jamais renoncé à faire de nouvelles croisades de reconquête.

Faisons un peu d’histoire

C’est pour affirmer cette idée-force que des laïques ont organisé des banquets violant délibérément les interdits religieux. L’idée est née dans les milieux intellectuels à la fin du XIXème siècle. Le premier banquet (1868) est à l’invitation de Charles Sainte-Beuve avec la présence d’Ernest Renan, Gustave Flaubert, Hippolyte Taine, Edmond About... Cette protestation de bons vivants s’est prolongée jusqu’à nos jours, où elle connaît un renouveau certain.

Dans son Dictionnaire philosophique, avec l’ironie mordante dont il fait preuve à chaque instant, Voltaire met le doigt sur le bon usage de l’art de la table. Il écrit : « Il faut, quand on a fait le repas des agapes, envoyer les meilleurs plats à l’évêque. » Tirons de cette recommandation deux leçons : ne mangeons jamais à la table de l’Eglise ; affamons l’Infâme en lui laissant les reliefs du banquet. Alors régalons-nous ! Gardons simplement pour André Vingt-Trois, archevêque de Paris et Philippe Barbarin, Primat des Gaules, un reste de salade de capucins, une miette de carré de porc de tonsuré, un débris de tarte vaticane, un goutte de vin de la perpétuelle adoration et un fond de café au jus de chapeau du pape François, pour paraphraser le menu demeuré célèbre du banquet du vendredi-dit- saint de 1881.

Mais cette tradition n’est pas le produit de la génération spontanée. Sainte-Beuve, en 1868, après les années noires qui ont suivi les sanglantes journées de juin 1848, les mesures de la majorité réactionnaire élue en 1849 et le coup d’Etat du 2 décembre 1851 de Louis Napoléon Bonaparte, renoue avec le combat républicain par la gastronomie. Souvenez-vous, l’illusion lyrique de février 1848 commence par une campagne de banquets qui débouche sur l’effondrement de la Monarchie de juillet. Sainte-Beuve retrouve aussi l’esprit frondeur et anticlérical qui parcourt le pays depuis la Renaissance.

L’esprit frondeur de Rabelais, bien sûr. Dans son Gargantua, il nous raconte comment celui-ci « mangea en salade six pèlerins » dont l’un est embroché au niveau de la braguette par le cure-dent du géant et ainsi délivré d’une « bosse chancreuse », celle de la religion probablement. Il y dépeint également une abbaye de Thélème où la pensée libre règne : « Fay ce que voudras parce que gens libérés, bien nez, bien instruictz, conversant en compaignies honnestes, ont par nature un instinct et aiguillon qui toujours les pousse à faictz vertueux. » Hugo salue Rabelais en ces termes : « Rabelais a fait cette trouvaille, le ventre(…)Pendant que Luther réforme, Rabelais bafoue(…) Rabelais bafoue le moine , bafoue l’évêque, bafoue le Pape(…) Ce grelot sonne le tocsin. » C’est aussi l’esprit frondeur d’un Bussy-Rabutin. L’auteur de L’Histoire amoureuse des Gaules transgresse le Carême avec des amis, en 1659. Pour cela Mazarin l’assigne à résidence dans sa Bourgogne natale.

Cette généalogie pourrait nous conduire jusqu’à Epicure. Elle nous ramènerait toujours à cette question : pourquoi le banquet et la pensée libre font-ils si bon ménage depuis la nuit des temps ?

Nous pouvons en discerner une première raison. A Paris, avenue de Saint-Mandé, dans le haut lieu de la gastronomie libre penseuse qu’était le Salon des Familles, s’est déroulé en avril 1903, sous la présidence d’Octave Mirbeau, un repas gras auquel ont assisté mille convives. C’est d’ailleurs également en ce lieu que s’était tenu en 1895 le banquet Berthelot célébrant la science contre la foi, à la suite des attaques dont le savant avait été l’objet de la part de Brunetière dans La Revue des deux mondes. Le banquet de 1903, il y a un peu plus d’un siècle, se déroulait en pleine bataille pour la Séparation des Eglises et de l’Etat. Il s’agissait alors d’instituer de manière durable la liberté de conscience et de refouler à tout jamais la religion dans la sphère privée. Il était alors question de parfaire les hautes valeurs de la République pour qu’enfin prévalent les principes de la Révolution française qui, pas plus que la Commune de Paris, n’avait réussi à édifier un mur de séparation suffisamment solide pour résister à la réaction.

Un siècle plus tard, le travail n’est pas achevé. Il y a, bien sûr, les multiples attaques quotidiennes contre la laïcité que nous condamnons tous. Il y a, bien sûr, l’emprise croissante du cléricalisme sur la vie publique, alors même que l’indifférence religieuse atteint des sommets. Mais il y a désormais plus grave. Sur tous les fronts, la réaction entend remettre en cause la liberté de conscience par le développement des communautarismes qui sont facteurs d’aliénation et d’oppression.

Nous assistons aujourd’hui à une offensive destructrice .... "


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