La Commune de Paris en 1871 - Radio Campus Lille - CONTRE-COURANT

lundi 27 avril 2015
par  lpNord
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La voie la plus courte vers lavenir est toujours celle qui passe par l’approfondissement du pass. (Aim Csaire, Culture et colonisation, 1956)

Que voulait le peuple de Paris en 1871 lorsqu’il est passé à l’insurrection et qu’il a instauré la Commune ?

La Commune de Paris en 1871 - Radio Campus Lille
Emission : Contre Courant du 10 Avril 2015


- Il voulait avant tout ne pas laisser les Prussiens occuper Paris, il refusait la politique d’abandon de la nation mise en œuvre par Thiers et ses complices, presque tous monarchistes, dissimulés sous le masque républicain.
- Il voulait que les travailleurs soient des citoyens à part entière ayant un droit inviolable à l’expression et que le peuple dispose ainsi d’une pleine souveraineté, avec la capacité de révoquer ses représentants.
- Il a approuvé l’œuvre sociale menée par le communard Léo Franckel :
• Adoption de la journée de 10h. (ce fut un grand progrès à une époque où n’existait ni code du travail, ni aucune protection sociale : le temps béni auquel souhaite revenir Macron !).
• Égalité juridique et égalité de salaires entre les hommes et les femmes.
• Municipalisation des ateliers abandonnés par les patrons en fuite, avec participation ouvrière à la gestion et à l’organisation de la production.
• Réquisition des logements vides ou abandonnés, etc.
_ Il a soutenu la politique menée par le communard Édouard Vaillant visant à “un enseignement obligatoire, laïque et gratuit pour tous”.
_ Il voulait l’entière liberté de la presse et que l’information diffusée ne soit soumise ni à la puissance de l’État, ni aux puissances d’argent.
C’est donc pour ça que le peuple de Paris a été réprimé avec cette férocité inouïe, fusillé, assassiné, massacré de toutes les manières, femmes, enfants et vieillards compris, pendant la “Semaine sanglante” (qui a fait entre 20 000 et 30 000 morts) ?
Oui, c’est pour ça.

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Pour écouter, télécharger l’émission de radio en mp3, cliquez ici

Ce qu’il y eut peut-être de plus admirable dans l’histoire de la Commune, ce qu’il y eut dans cette histoire de plus précurseur, c’est peut-être que ses “dirigeants” — on hésite même à employer ce terme — disons ses responsables, ceux qui assumèrent la tâche indispensable consistant à donner à ce mouvement une organisation minimale, eh bien tous ceux-là sont restés pour la plupart dans un quasi anonymat. Ou, pour le dire autrement, l’histoire a retenu évidemment un certain nombre de ces noms, mais aucun qui se détache suffisamment pour que l’on puisse dire : celui-là fut LE dirigeant de la Commune. Et cette réalité est, sans nul doute, absolument primordiale. Elle signifie la collégialité, la collectivité, la répartition des différentes tâches dont l’accomplissement fut indispensable. Bien sûr, on peut toujours citer le nom de Louise Michel, mais Louise Michel — figure admirable, irremplaçable — chacun sait qu’elle n’assuma à proprement parler aucune responsabilité importante dans l’organisation de la Commune, si ce n’est d’en être le plus vivant symbole et aussi une combattante, ce n’est pas rien, ce fut suffisant en tout cas pour lui valoir des années de déportation en Nouvelle-Calédonie, avec des milliers d’autres. Elle fut la présence même de la Commune, si l’on peut dire, elle fut parmi ses camarades pour en partager toutes les souffrances, tous les efforts.
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Roger Martelli, historien, montre bien ce caractère collectif de la Commune, lorsqu’il dit par exemple, dans sa conférence du 19 mars 2015, que les différentes Commissions qui s’occupaient des secteurs à organiser, à structurer et qui correspondaient à la vie la plus concrète du peuple de Paris, que ces différentes Commissions, on peut certes les assimiler à des ministères, mais qu’elles n’étaient pas des ministères. De même que les Communards, membres de ces Commissions, pouvaient être regardés comme des ministres, du moins en partie, mais qu’aucun d’eux n’était à proprement parler ce que l’on entend encore de nos jours par ministre. Grandeur en cela de la Commune de Paris : jamais aucun historien ne pourra la ramener, la résumer à un seul nom. Et c’est peut-être cette réalité même qui nous permet de réfléchir encore aujourd’hui fructueusement à ce que peut être l’exercice du pouvoir politique. Dès qu’un seul nom commence à se détacher d’un mouvement insurrectionnel, on peut dire que dès lors, la révolution est perdue : place alors à ceux que Prosper Lissagaray appelait les « subtiliseurs de victoires » : « L’avènement graduel, irrésistible, des classes laborieuses est le fait culminant du XIXe siècle. En 1830, en 1848, en 1870, le peuple escalade l’Hôtel de Ville pour le céder presque aussitôt aux subtiliseurs de victoires ; en 1871, il y reste, refuse de le rendre, et, pendant plus de deux mois, administre, gouverne, mène au combat la cité. »
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Bibliographie
• Prosper-Olivier Lissagaray,Histoire de la Commune de 1871, La Découverte/Poche, 2000.
• Maxime Vuillaume, Mes Cahiers rouges [Souvenirs de la Commune], La Découverte/Poche.
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Pauses musicales
• Jean-Roger Caussimon, La Commune est en lutte.
• Serge Utgé-Royo, La Semaine sanglante.
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Les émissions de Contre Courant : http://www.campuslille.com/index.php/categories/listings/contre-courant



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