Lettres de fusills et Posies : couter

mercredi 5 novembre 2014
par  lpNord
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Joseph Ghin : Les Fusilles


Guillaume Apollinaire - Le palais du tonnerre
Marcel Martinet - Tu vas te battre (Jeudi 30 Juillet 1914)
Gérôme Garcin - Le grand voyage (Bleu Horizon)
http://salon-litteraire.com/fr/la-selection/content/1825213-jerome-garcin-extrait-de-bleus-horizons
Nadine ROSA-ROSSO - Le dernier poilu - Lettre de la petite-fille de de Lazare Ponticelli
http://www.gauchemip.org/spip.php?article5796
Extrait du livre de Gérôme Garcin - Le grand voyage (Bleu Horizon)
Rodolphe Gelly - La chanson de Craonne
http://www.youtube.com/watch?v=6iGEiY6wvDo
Georges Duhamel - Balade de florentin prunier
Marcel Martinet - Toussaint trépassés (Les temps maudits)
Guillaume Apollinaire - Les soupirs du servant de Dakar
Lettre d’un anonyme fusillé pour l’exemple
Jean Cocteau - Discours du grand sommeil
Guillaume Apollinaire - Fusées
Marcel Martinet - Droits des gens - 1916 - (Les temps maudits)
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Pour écouter, télécharger l’émission cliquez ici.
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A écouter aussi : Lettres de Poilus 1914 1918 lues par "Les Belles Lurettes".
https://www.youtube.com/watch?v=ZdZrbM0xWZc
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Marcel Martinet - Tu vas te battre (Jeudi 30 Juillet 1914) Lien
http://dormirajamais.org/martinet/

Le dernier poilu (Lettre d’une petite-fille de poilu, Rosa-Rosso Nadine le 14 mars 2008), Lien
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http://www.gauchemip.org/spip.php?article5796
Lazare Ponticelli , dernier poilu survivant de la première guerre mondiale, s’est éteint mercredi 12 mars à l’âge de 110 ans...
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Mon arrière-grand-père, soldat de deuxième classe au 159ème bataillon d’infanterie (24ème compagnie), portant le matricule 14578, est, lui aussi, « mort pour la France », le 8 mai 1916. La seule trace qui reste de lui est son nom gravé sur le monument aux morts de la commune de Saint-Fons, à Lyon.
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Ma grand-mère Clotilde fut déclarée « pupille de la nation », ce statut qu’on accorde en France aux orphelins bénéficiant d’une tutelle particulière de l’Etat. Comme 990.000 autres enfants. La République française, patrie des Lumières, prit d’elle un soin si particulier qu’elle se retrouva à treize ans dans l’usine pharmaceutique des frères Poulenc, l’ancêtre du géant Rhône-Poulenc. Ses petits doigts d’enfants avaient été jugés assez habiles pour attraper les comprimés qui défilaient devant elle et les placer dans des boites.
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Seules trois générations nous séparent et pourtant aujourd’hui des moralisateurs de tous poils brandissent un doigt vertueux pour dénoncer le travail des enfants dans le monde. Sans jamais parler, ou si peu, de nos grands-mères contraintes de faire la fortune de ces mêmes multinationales, bouffeuses d’enfants, parce que leur père était « mort pour la France ».
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Lazare Ponticelli n’a concédé des funérailles nationales qu’à condition qu’elles soient dédiées à tous ses camarades morts au combat. Au nom de mon arrière-grand-père, je l’en remercie. Mais y parlera-t-on des morts de 1914-1918, fusillés par leurs propres généraux, pour s’être opposés à la guerre, l’un en désertant, l’autre en s’auto-mutilant, le troisième en fraternisant avec l’Allemand d’en face ? Y lira-t-on un extrait de ces lettres extraordinaires qu’envoyaient les soldats, ouvriers, paysans, petits artisans ou gratte-papier, à leur famille ? Comme celui-ci, d’une lettre du brancardier Jean Pottecher, qui devrait faire partie des perles de la littérature française : « Si la censure ouvre cette lettre, j’aurai évidemment des ennuis : je viens de faire une chose innocente et pourtant énorme, et qui me laisse comme au sortir d’un rêve : j’ai parlé à Fritz ».
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Henri Barbusse, bien qu’officier car universitaire, avait choisi de faire la « grande guerre » dans les tranchées. Il y nota jour après jour les conversations des poilus dont chaque nouvelle boucherie creusait davantage la conscience : « « Quand tous les hommes se seront fait égaux, on sera bien forcé de s’unir. - Et il n’y aura plus, à la face du ciel, des choses épouvantables faites par trente millions d’hommes qui ne les veulent pas ». J’écoute, je suis la logique de ces pauvres gens jetés sur ce champ de douleur, les paroles qui jaillissent de leur meurtrissure et de leur mal, les paroles qui saignent d’eux » .
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Pourtant, nonante ans plus tard, des enfants de moins de treize ans creusent la terre pour y trouver du coltane, afin que d’autres enfants puissent s’envoyer des sms. Non, les hommes ne se sont pas fait égaux entre eux. Pourtant, pendant que j’écris ces lignes, des hommes, soldats ou non, des femmes et des enfants tombent en Afghanistan, en Irak ou en Palestine. Et les mêmes moralisateurs affirment que nous n’y faisons rien d’autre qu’exporter les valeurs suprêmes de la démocratie et des droits de l’homme.
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Lundi, aux funérailles de Lazare, les discours officiels vanteront sans doute la capacité de l’Union à faire régner la paix entre Européens. Comme si les guerres étaient moins meurtrières quand nous les menons loin de nos territoires.
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Lundi, je penserai à ces résistants d’avant l’heure, ceux qui n’ont jamais acquis ce titre parce qu’ils sont morts inconnus dans la boue, ces poilus français qui parlaient à Fritz, ces soldats bavarois ou bretons qui mouraient côte à côte en maudissant les riches. La « grande guerre » fut la première expression barbare de la mondialisation, ce que les socialistes de toutes tendances, réunis à Bâle en 1912, appelaient encore l’impérialisme. L’Irak, l’Afghanistan ou la Palestine en seront-elles les dernières ? Et nous, Européens, qui vivons en paix sur « notre » sol, sommes-nous prêts, malgré les nouvelles formes de censure qui bâillonnent nos cerveaux, à les soutenir dans leur résistance ?



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