ABBEVILLE ce 30 Juin 2013 MANIFESTATION LA BARRE

Le salut fraternel de la Fédération Nationale de la Libre Pensée
mercredi 3 juillet 2013
par  lpNord
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En Commémoration du Martyre du Chevalier de la Barre supplicié à Abbeville le 1 Juillet 1796 à l’âge de 19 ans pour avoir omis de saluer une procession.

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Manifestation La Barre (30 juin 2013)
Discours au monument
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Mesdames et Messieurs les élus, Chers amis, chers camarades,
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Je vous apporte le salut fraternel de la Fédération Nationale de la Libre Pensée et de son Président Marc Blondel.
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Le 1er juillet 1766, ici, à Abbeville, un jeune homme de 19 ans, le Chevalier de La Barre, était supplicié et décapité pour avoir manqué de respect envers la religion.
Les trois principaux "attendus" du jugement disaient :
Premièrement qu’il était passé à vingt-cinq pas d’une procession sans ôter son chapeau, sans se mettre à genoux,
Deuxièmement qu’il avait chanté une chanson impie,
Et troisièmement qu’il avait rendu le respect à des livres infâmes au nombre desquels se trouvait le dictionnaire philosophique du sieur Voltaire ».
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Ce monument, financé par une souscription militante, est là pour rappeler que le Chevalier de La Barre n’est pas mort d’une injustice. Il a été exécuté par une justice inféodée à l’Église. Il a été condamné par un État clérical, un État qui, par principe, punissait le manque de respect envers la religion.
Ce monument « élevé par le prolétariat à l’Émancipation intégrale de la Pensée humaine » , comme l’indique l’inscription portée sur la plaque de bronze, dérange l’Église catholique. _ Nos camarades de la Libre Pensée de l’Oise, ici présents, l’ont bien signalé dans leur récent communiqué dénonçant les dégradations qu’il a subies. Je les cite :
« La bête immonde n’est pas morte, elle griffonne et signe encore, nuitamment, en 2013, glorifiant honteusement les sévices ignobles subis par un jeune homme de 19 ans, en 1766, au nom de l’Église, à Abbeville.
La semaine dernière, le monument à la mémoire du Chevalier de La Barre a été sali du symbole religieux de la chrétienté (la croix) et de la signature des tenants d’une Vendée monarchiste reprise depuis quelques années par le groupe des intégristes agressifs "Civitas". »
On retrouve ici l’officine intégriste Civitas qui se définit elle-même comme un « lobby catholique traditionaliste », synthèse de l’intégrisme catholique lefebvriste et du nationalisme identitaire.
Reconnue par l’État comme association d’intérêt général, l’institut Civitas, mouvement politique dont le but est la restauration de la royauté sociale du Christ sur la France et les Français, permet aux particuliers de déduire de leurs impôts 66 % du montant de leurs dons, et aux entreprises de déduire, de l’impôt sur les sociétés, 60 % de leurs dons. L’État, et donc l’ensemble des citoyens, finance ainsi Civitas.
Or cette association s’oppose ouvertement à l’intérêt général en organisant des manifestations hostiles à l’égalité des droits et à la liberté d’expression, n’hésitant pas à utiliser la force et à troubler l’ordre public lorsqu’elle empêche par exemple la tenue de pièces de théâtre.
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Je voudrais revenir sur chacun des attendus du jugement condamnant le Chevalier de La Barre et les relier à l’actualité.
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Premièrement les processions :
Elles existent toujours mais sont encadrées par la loi de 1905 et soumises à autorisation. Elles sont malheureusement souvent déguisées en manifestations culturelles. J’en veux pour preuve l’affaire récente du financement public des ostensions limousines qui a été une victoire pour les libres-penseurs et les laïques.
Rappelons les faits :
Les ostensions limousines sont des processions qui ont lieu tous les 7 ans dans une vingtaine de communes des départements de la Creuse et de la Haute-Vienne. Comme le revendique lui-même le diocèse de Limoges : « Les ostensions limousines sont des manifestations religieuses […] C’est une sortie des reliques des saints au cours d’une célébration chrétienne pour les montrer, les lever, et les donner à la vénération du peuple rassemblé. »
En mai 2009, des Laïques et Libres Penseurs de Haute-Vienne et de Creuse ont demandé au Tribunal Administratif de Limoges de juger l’illégalité de subventions publiques aux ostensions et ainsi de faire respecter la loi de 1905, particulièrement son article 2 qui dit : « la République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte.(…). Le Conseil général avait versé 26 360€, le Conseil régional 41 497€ et plusieurs communes avaient octroyé des sommes allant de 2 000 à 20 000 €.
Le Tribunal administratif de Limoges a donné raison aux laïques et libres penseurs par un jugement en date du 24 décembre 2009.
Cette décision du Tribunal a été contestée en appel devant la Cour Administrative d’Appel de Bordeaux en 2010 par 6 confréries et comités, par une commune et par le Conseil Régional du Limousin (à majorité socialiste).
La Cour Administrative d’Appel de Bordeaux par un arrêt rendu le 21 décembre 2010 a confirmé le jugement du Tribunal administratif de Limoges
Deux confréries et un comité ostensionnaire se sont obstinés en portant l’affaire devant le Conseil d’État en introduisant deux pourvois en cassation en avril 2011 demandant l’annulation des arrêts de la Cour d’Appel. Ces associations catholiques apparemment fortunées, ont obligé les 21 laïques et libres penseurs à continuer ce combat en justice, à leur frais, devant le Conseil d’État, qui a rendu ses conclusions le 15 janvier 2013 et a rejeté les pourvois des confréries et associations catholiques.
Le Conseil d’État a jugé que les ostensions sont bien en premier lieu des manifestations religieuses du culte catholique et qu’à ce titre elles ne peuvent donc bénéficier de subventions publiques.
Si le Conseil général décida de ne pas faire appel de la décision du Tribunal administratif de Limoges de décembre 2009, rappelons que le Conseil Régional quant à lui fit appel. Là encore, il fallut toute la vigilance et l’intervention rapide et énergique des laïques de Haute-Vienne, des instances de la Libre Pensée jusqu’à l’intervention de son Président Marc Blondel pour que le Président (socialiste) de la Région Limousin abandonne cette prétention anti-laïque et réactionnaire de faire juger anti-constitutionnelle la loi de 1905 en déposant une QPC (Question Prioritaire de Constitutionnalité).
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Deuxièmement, chanter une chanson impie :
Nous touchons là au délit de blasphème. Cette loi sur le blasphème, qui nous vient d’un autre temps, où l’obscurantisme était roi, est pourtant toujours d’actualité dans la plupart des pays européens, sans parler des autres continents.
Ainsi, l’article 166 du code pénal allemand et l’article 188 du code pénal autrichien font clairement référence au blasphème. L’article 140 du code pénal danois prévoit une peine de détention pour celui qui, publiquement, ridiculise ou insulte le dogme ou le culte d’une communauté religieuse. En Finlande, l’article 1er du code pénal punit de réclusion quiconque « aura publiquement blasphémé Dieu ».
Et en France me direz-vous ? Le droit pénal français ne connaît pas le délit de blasphème, sauf dans les trois départements sous régime concordataire au travers de l’article 266 du code local d’Alsace-Moselle. La loi sur le blasphème de l’Empire Allemand est encore en vigueur et a permis, cet hiver, à une association catholique intégriste de porter plainte contre un spectacle théâtral jugé blasphématoire.
Le statut scolaire clérical d’exception lié au Concordat organise, dans ces trois départements, l’enseignement de la religion à l’École publique et oblige les citoyens qui ne souhaitent pas que leurs enfants suivent les cours de religion à demander une dispense.
C’est pourquoi la Fédération Nationale de la Libre Pensée a organisé, avec d’autres associations, un rassemblement à Strasbourg le samedi 4 mai dernier pour exiger l’abrogation du Concordat.
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Troisièmement, la mise à l’index des livres infâmes :
Quand on commence à interdire des livres, on attaque la liberté d’expression.
Je voudrais rappeler la citation apocryphe attribuée de façon erronée à Voltaire qui a défendu le Chevalier de La Barre : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire. »
Méfions-nous quand certains demandent l’interdiction de tel ou tel groupement, de tel ou tel parti politique, de tel ou tel syndicat, la liberté d’expression est alors menacée. Si des individus ne rexpectent pas la loi, la justice est là pour les condamner.
Ne confondons pas laïcité et tolérance. On tolère à un moment ce qu’on ne peut changer comme le disait John Locke dans sa Lettre sur la tolérance. Il s’agit donc de supporter ce que l’on considère comme contraire à la morale mais que l’on accepte parce qu’on ne peut faire autrement. La tolérance c’est le fait du prince.
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Chers amis, chers camarades,
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La Séparation des Églises et de l’État est un principe intangible de la République. Les religions ne feront pas tourner la roue de l’Histoire à l’envers. Même si les cathos se mobilisent, lors des manifestations contre le mariage pour tous, avec le GUD, le Front National, l’institut Civitas, le Bloc Identitaire, les Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires et bien sûr l’UMP, les églises sont vides le dimanche matin.
L’Église catholique a toujours fait preuve d’intolérance hier comme aujourd’hui. Ce n’est pas le nouveau pape qui y changera quelque chose.
Pourtant les commentaires se sont déversés dans les bénitiers. Était-il un pape progressiste ou un prélat réactionnaire ? _ Certains ont pensé qu’un pape pouvait ne pas être réactionnaire, ni complice des totalitarismes. Son passé de complaisance avec la dictature argentine et sa position sur les lois de la République lorsqu’il reçoit des parlementaires français nous ont tout de suite rassuré, nous, libres-penseurs.
Si le pape n’était pas un adversaire de la démocratie, il ne serait pas pape, parce qu’il ne remplirait pas le cahier des charges !
Il est d’ailleurs sidérant et contraire aux principes de laïcité de constater que des parlementaires français se rendent en groupe au Vatican pour écouter l’avis d’une autorité religieuse à propos des lois qui sont censées être votés par des représentants du peuple.
Parmi ces parlementaires, on trouve quand même 4 socialistes dont le secrétaire du Groupe Jean-Noël Guérini, paroissien irréprochable comme chacun le sait !
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Il est paradoxal qu’à une époque où la pratique religieuse est au plus bas, les religions soient à ce point instrumentalisées et financées par le pouvoir politique, et promues par les média.
La République, après des siècles de domination cléricale, a choisi en 1905 de renvoyer les religions dans leurs temples et de les écarter de la chose publique.
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Et, comme nous le disons, à la Libre Pensée, à la fin de chacun de nos discours,
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Ni dieu, ni maître !
À bas la calotte !
Et vive la sociale !
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Daniel DUBOIS
Membre de la Commission Administrative Nationale de la Libre Pensée

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ABBEVILLE ce 30 Juin 2013

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ABBEVILLE ce 30 Juin 2013


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