Le mariage pour tous

Communiqué
dimanche 10 février 2013
par  lpLoire
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Pendant que se déroule le débat parlementaire sur le mariage pour tous et alors que les forces qui sont opposées à ce dernier annoncent qu’elles se rassembleront prochainement à Saint-Etienne, la Fédération de la Libre Pensée de la Loire rappelle ses positions de principe.

La Libre Pensée partage le point de vue de Rosa Luxembourg : « La liberté, c’est toujours la liberté de celui qui pense autrement ». Elle n’appellera jamais à la répression contre quiconque. Sa position a été définie par Aristide Briand, libre penseur, au moment du débat sur l’adoption de la loi de Séparation des Églises et de l’État de 1905 :

« Pour nous, républicains, la Séparation, c’est la disparition de la religion officielle, c’est la République rendue au sentiment de sa dignité et au respect de ses principes fondamentaux. Ils lui commandent de reprendre sa liberté, mais ils n’exigent pas que ce soit par un geste de persécution. Ce que veulent les Libres Penseurs, c’est que vous arrachiez à l’Église, le bouclier officiel derrière lequel elle peut s’abriter contre les efforts de la Pensée Libre ; ce qu’ils ont seulement le droit d’exiger, c’est que l’État les mette face à face avec l’Église pour lutter à armes égales pour pouvoir opposer enfin en combat loyal, la force de la Raison aux brutalités du dogme. Je termine, si vous voulez que la Raison Libre ait un abri, construisez-le lui ; mais n’essayez pas de la faire coucher dans le lit de l’Église. Il n’a pas été fait pour elle ».

Pour la Libre Pensée, l’épiscopat catholique a parfaitement le droit de s’exprimer. Cela s’appelle la Démocratie.

Mais demandera-t-on alors : qu’est-ce donc que le cléricalisme ?

Le cléricalisme, ce n’est pas que les Évêques disent ce qu’ils veulent ; c’est que le gouvernement et les Institutions lui obéissent. Le cléricalisme, ce n’est pas que l’Église se prononce contre la contraception ; c’est que les pouvoirs publics étranglent financièrement les centres de planning familial. Le cléricalisme, ce n’est pas que le Pape fulmine contre le port du préservatif ; c’est que l’ONU refuse de donner les moyens de son utilisation en Afrique. Le cléricalisme, ce n’est pas que les Émirats arabes réclament l’application du Délit de Blasphème, c’est que l’Union européenne veuille le rétablir. Le cléricalisme ce n’est pas que les gendarmes à titre privé pratiquent le culte de sainte Geneviève, c’est que la préfète de la Loire préside ès qualités la messe célébrée à cet effet en la cathédrale Saint-Charles. Le cléricalisme ce n’est pas l’existence d’un enseignement catholique, c’est que cet enseignement soit subventionné par l’Etat. Les milliards versés sur les fonds publics sont une violation flagrante de la Loi de Séparation des Eglises et de l’Etat du 9 décembre 1905 qui prohibe le financement public des cultes et des activités religieuses

Ce qui vient de se passer et continue à se passer en ce moment même, à savoir la campagne de l’Épiscopat catholique en France contre le projet de mariage pour tous, a clairement montré que l’Eglise catholique a jeté toutes ses forces pour tenter de faire échouer ce projet de loi gouvernemental. De la prière du 15 août 2012 dans les églises à la manifestation du 14 janvier 2013 à Paris, la Curie romaine s’oppose de front à l’aspiration égalitaire et démocratique concernant l’union librement consentie et contractée entre êtres humains.

Les Évêques, en utilisant le réseau de l’enseignement catholique privé, ont fait voler en éclats la supercherie de la loi Debré. Celle-ci avait prévu une « liberté de conscience » pour les élèves et les parents qui utiliseraient les services de l’enseignement privé sous contrat. Ce principe de liberté de conscience a été perverti par la loi Debré. Le « caractère propre » de l’enseignement catholique est le catholicisme, ce qui est conforme aux missions des œuvres de l’Épiscopat. Au risque de déplaire aux partisans de la « laïcisation et de la démocratisation » de l’Eglise, l’enseignement catholique est et demeure un outil majeur dans la volonté cléricale de ré-évangéliser la société et les Institutions. La manifestation du 14 janvier 2013 l’a simplement démontré.

C’est tout l’enseignement catholique qui s’est engagé, sous une forme ou sous une autre, pour assurer la mobilisation de cette manifestation réactionnaire. L’Épiscopat, tout entier, s’est mobilisé contre le mariage pour tous. Certains évêques ont battu le pavé parisien, d’autres ont salué, d’autres encore ont prié pour son succès. Tous ont été des militants actifs de la cause catholique et cléricale. Et c’est bien normal, cela est conforme à leurs engagements. Il en est de même pour l’enseignement catholique considéré comme succursale. Le journal La Croix confirme, dans son édition du 14 janvier 2013, que le Vatican « a apporté un soutien discret mais déterminé à la stratégie mise en oeuvre par l’épiscopat français face au projet de mariage homosexuel ».

Aujourd’hui encore, les partis et organisations qui appellent à manifester à Saint-Etienne contre le mariage pour tous sont dans leur rôle réactionnaire.

Face à cette mobilisation des tenants de la pensée dogmatique, sectaire et captive, la Libre Pensée n’aura de cesse de s’attacher au développement de l’esprit critique et de la liberté de conscience qui en est le corollaire. Toute son action, via ses conférences, ses publications, ses recours en justice, ses diverses manifestations, a ce but.

Esprits libres, rejoignez la Libre Pensée, prenez contact, participez à la vie de l’un de ses groupes sur la Loire !

jeudi 31 janvier 2013

Le journal Le Progrès publie quelques extraits du communiqué envoyé à la presse, voir ci-dessous, document joint :


Documents joints

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