causes de la venue de Rousseau à Trie-Château de Juin 1767 / Juin 1768

dimanche 30 décembre 2012
par  lpOise
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Présentation des causes de la venue de Rousseau à Trie-Château.

DROIT DE LA PROPRIETE INTELLECTUELLE ET ARTISTIQUE.

Mes sources :

- Les études d’Erudits locaux : - de Vesly, - Fitan, - chanoine Meurot.

- De sites internet liés à l’Histoire.

- Des documents des Archives : - Nationales, - de journaux anciens, - de l’Oise - privées ou personnelles - et du Val d’Oise - Youtub - de l’Eure - de la BNF - Chambre des Députés,

La consultation de sites d’auteurs sur internet, libre d’accès.

Des biographies en préliminaires des ouvrages des auteurs.

Le montage vidéo a été présenté, sans but lucratif.

Clermont en Beauvaisis

Novembre 2012 Jacques Germand,

Jean Jacques ROUSSEAU à TRIE CHATEAU Juin 1767 / Juin 1768

sommaire :

  • Préliminaires
  • Principales œuvres de Rousseau.
  • « Le Devin du Village », en 1752 
  • « Julie ou la Nouvelle Héloïse - Lettres de deux amans, habitans d’une petite ville au pied des Alpes », en 1761,
  • « L’Emile », en1762
  • « Du Contrat Social ou Principes du Droit Politique »
  • « Les Confessions » en1782, éditions qu’il souhaita posthumes.
  • Importance de sa renommée nationale et mondiale.
  • Les débuts de Rousseau à Paris au Siècle des Lumières
  • Une reconnaissance littéraire qui lui apporte aussi des déboires.
  • Dix ans de galère.
  • Mont-Louis à Montmorency
  • Môtiers dans le Jura Suisse
  • l’île de Saint-Pierre
  • Rousseau et Thérèse partent pour l’Angleterre.
  • Découvrons le village de Trie-Château qui l’accueille en 1767.
  • L’histoire de Trie, « des plus curieuses ».
  • Rousseau …. où aurait-il vécu dans ce château ?
  • Et … …..Pourquoi vint-il ?
  • Séjour à Trie
  • L’arrivée à Trie
  • Le départ précipité de Trie
  • Ses dix dernières années
  • Sa panthéonisation.
  • Et Trie dans cette mémoire…

Préliminaires :

Comme le propose le programme de cette journée …… « Voyageons avec Rousseau »…… vers Trie-Château. Mais comment pourrions-nous faire ce voyage sans connaître un peu ce si célèbre compagnon ? Aussi, je vous convie à deviser de ce qui fit et qui fait encore sa renommée.

Vous avez placé votre colloque dans le cadre du 3ième centenaire de la naissance de Jean Jacques Rousseau. Dans ce cadre, il m’a été proposé de vous entretenir des causes qui l’obligèrent à venir passer une année en reclus à Trie-Château, aux confins de l’Oise.

Permettez que je me présente par rapport à Jean Jacques Rousseau, ainsi qu’à votre Colloque et à vos sensibilités.

Je me définis comme « libre de penser », une nuance importante pour moi qui n’ai jamais adhéré à aucune formation politique, syndicale ou philosophique. Même si je n’adhère pas à vos associations, cependant j’adhère aux idéaux que vous portez, mais je ne me sens pas encore cette hardiesse avec laquelle vous les exprimez.

Je dirais que je refuse d’être enrégimenté, canalisé, spolié de mon droit fondamental à la liberté de penser et de m’exprimer, donc de vivre, du moment que cette liberté personelle, que je réclame pour moi, n’entrave pas celles des autres.

Je suis d’origine savoyarde et j’ai chanté à l’école dans mes montagnes …« Liberté liberté chérie » quand nos maîtresses et maîtres nous apprenaient encore notre hymne régional « les Allobroges ».

Je fus bercé toute mon enfance, et plus tard passant mes vacances d’adolescent, dans les villages au bord du Léman, sous le même ciel que JJR. Villages qui le virent rôder quand il décida de quitter Genève, avant de rejoindre Annecy et commencer sa vie d’homme. (Bossey, Salève, Confignon, Collonges)

Je me baignais, j’allais à la pêche à Meillerie sur cette rive rocheuse où il fait aborder la barque de Julie et Saint Preux au cours d’une vilaine tempête, dans son roman, La Nouvelle Héloïse, qui marqua les esprits. Les romantiques, Lamartine, lord Byron, Victor Hugo et tant d’autres vinrent nombreux en pèlerinages respectueux sur ces lieux. Maintenant, je suis Triechâtelain depuis 42 ans. Autant dire que je me suis intéressé à JJR qui vécut 1 an une retraite forcée dans ce petit village. Village aussi qui vit naître Charles François, Dupuis, dont je vous parlerai ensuite. Je suis simplement un triechâtelain curieux de l’histoire de son village, qu’un érudit du siècle dernier qualifiait des « plus curieuses ». C’est à ce titre, de curieux de l’histoire de mon village, uniquement à ce titre, que j’ai répondu modestement et avec enthousiasme à votre invitation et je vous en remercie. Je ne suis pas un orateur, pas professeur de philosophie, ni de littérature c’est une présentation d’un historien local, un montage vidéo… qui m’oblige à suivre un texte. Donc, je vous présenterai des faits, des situations de leurs vie et je ne ferai qu’affleurer leurs idées, que, d’ailleurs, je ne me sens pas obligé de toutes partager. Montage vidéo, comme une bande déssinée, une bande d’images, gravures et documents qui illustreront le propos, soit la partie récréative d’introduction de votre colloque.

Comme Rousseau : « …. Je n’argumente, ni ne prouve, parce que je ne cherche à persuader personne et que j’écris que pour moi »,

et j’ajouterai, et pour vous, aujourd’hui !!!

Jean Jacques ROUSSEAU à TRIE- CHATEAU Juin 1767/ Juin 1768

Improbable destinée pour ce si petit village rural qu’était Trie Château de recevoir un si grand philosophe pendant un an, 1767/1768. Il a 55 ans, ce n’est donc plus le jeune et brillant gandin de ces dames des salons littéraires

Une année sans bouger pour cet infatigable voyageur, c’était beaucoup.

Avant de le voir à Trie Château… je voudrais cependant vous repositionner ses principales œuvres, dont deux furent la cause directe de sa venue.

Principales œuvres dont deux furent la cause directe de sa venue. D’abord « Le Devin du Village », en 1752, il a 40 ans. Féru de musique, il écrit un opéra-comique, une pastorale guillerette et mélodieuse. Il écrira musique et paroles, ainsi que sa mise en scène, d’un premier jet. Il plait beaucoup à son entourage, qui le conforte à poursuivre et à le présenter. Le 18 octobre 1752, le premier opéra-comique français est ainsi représenté à Fontainebleau, devant le roi. Cette simplicité pastorale contraste avec le style et les représentations ampoulées de la cour. C’est un triomphe, on dit que le roi en fredonnait les airs encore plusieurs jours après !

Ensuite son roman, « Julie ou la Nouvelle Héloïse - Lettres de deux amans, habitans d’une petite ville au pied des Alpes », en 1761. C’est la première œuvre romantique de passion amoureuse qui se passe sur les deux rives est du lac Léman. Imaginez, pas moins d’une quarantaine d’éditions avant 1800. Le best-seller de toute cette fin de 18 ième siècle et qui conduira au Romantisme du 19ième.

Puis en 1762, parait « L’Emile ». C’est un traité d’éducation et de pédagogie, qui demeure, encore, l’un de ses ouvrages les plus lus. Par exemple le Japon le maintient dans les œuvres à lire par les futurs enseignants. Jean Jacques Rousseau part de la constatation qu’à sa naissance, «  l’homme est en devenir ». De ce constat… il nous fait suivre l’éducation de l’enfant Emile jusqu’à son âge adulte. Pour lui l’enfance doit être reconnue autant comme période de formation du caractère, que comme de celle de l’esprit. Je vais passer sur les aspects les plus philosophiques et pédagogiques pour m’arrêter aux contenus les plus pratiques. J’ai surtout sélectionné les passages suivants. "….. le plus sûr moyen de rendre votre enfant misérable ? …. c’est de l’accoutumer à tout obtenir ; car ses désirs croissant incessamment par la facilité de les satisfaire,…. tôt ou tard l’impuissance vous forcera …. malgré vous d’en venir au refus …. et ce refus inaccoutumé lui donnera plus de tourment que la privation même de ce qu’il désire. D’abord il voudra la canne que vous tenez ; bientôt il voudra votre montre ; ensuite il voudra l’oiseau qui vole ; il voudra l’étoile qu’il voit briller ; il voudra tout ce qu’il verra : à moins d’être Dieu, comment le contenterez-vous ?  » Par exemple, il donne beaucoup à réfléchir aux mamans dans un monde où la culture des femmes était celle qu’elles trouvaient dans leur milieu familial et bien imparfaites. Ainsi, il décrit la situation du nouveau-né. Le bébé est alors regardé comme un être qui n’a que des réflexes naturels, dépourvu de sentiments et de sensations, on commence à le considérer que lorsqu’il devient, « rampant puis ambulant » et Rousseau le dénonce vivement. « … dès qu’il commencera de savoir mettre un pied devant l’autre, on ne le soutiendra que sur les lieux pavés, et l’on ne fera … qu’y passer en hâte. Au lieu de le laisser croupir dans l’air usé d’une chambre, …. qu’on le mène journellement au milieu d’un pré. ..... Là, ….qu’il coure, …. qu’il s’ébatte, qu’il tombe cent fois le jour, ….tant mieux : … il en apprendra plus tôt à se relever. « …. A peine l’enfant est-il sorti du sein de la mère, et à peine jouit-il …. de la liberté de se mouvoir et … d’étendre ses membres, … qu’on lui donne de nouveaux liens. …. On l’emmaillote, ….. il est entouré de linges et de bandages de toute espèce, qui ne lui permettent pas de changer de situation. …. Heureux si on ne l’a pas serré au point de l’empêcher de respirer, …. L’enfant nouveau-né a besoin d’étendre et de mouvoir ses membres, ….. On les étend, il est vrai, …. mais on les empêche de se mouvoir ; …. il semble qu’on a peur qu’il n’ait l’air d’être en vie… ».

Toujours en 1762 il fait paraître, « Du Contrat Social ou Principes du Droit Politique » C’est un des textes fondamentaux de sa philosophie politique, affirmant le principe de souveraineté du peuple…. qui est le fondement des bases philosophiques de la Démocratie et qui sera repris par les Révolutionnaires de 1789. C’était éminemment dangereux sous des monarchies de Droit Divin.…dénoncer et de faire imprimer de telles idées. Il y développe entre autre l’idée et le constat que « L’homme est né libre et partout il est dans les fers » Il y développe la notion incroyable à l’époque de l’égalité entre les hommes, qu’il voulait qu’elle soit la base des sociétés modernes et démocratiques.

Puis après sa mort paraîtront…en 1782…les « Confessions ».

Il y expose les souvenirs, les justifications, les confessions qu’il croit devoir donner à la postérité sur sa vie d’errance, d’aventures psychologiques, sentimentales et de persécutions ressenties. Il y expose des réflexions, des commentaires qui font mieux comprendre ses autres ouvrages et son caractère…tellement tourmenté.

Il y revit, en partant de son plus jeune âge, quantité de détails sur sa vie. Il y montre une vive spontanéité et une souvenance précise des faits et de ses sentiments, tant dans sa vie sentimentale, voire expériences sexuelles, sur les lieux et leurs descriptions, que sur des évènements anodins ou sur les personnes rencontrées.

Très précis, il n’omet aucun nom, d’où sa crainte de quelques retombées néfastes encore pour lui. Pour cela, il en avait voulu la publication posthume : 1782 pour la première partie et 1789 pour la deuxième. [ Cette autobiographie couvre les 53 années de la vie de Rousseau, jusqu’à 1767, date de son arrivée à Trie. Il y écrira quelques chapitres pendant son séjour, d’ailleurs les connaisseurs de Rousseau sont partagés pour savoir lesquels ?

Importance de sa renommée nationale et mondiale.

Les principales œuvres et les milliers de lettres qu’il écrira feront sa renommée nationale et mondiale. La philosophie, l’idéologie que Rousseau développe sont des plus transgressives avec son époque. Elles contestent fortement les pouvoirs en place, gouvernements, souverainetés, monarchies de droit divins, constitutions, religions, Eglises, dogmes, aristocratie, mais aussi les mœurs, la morale publique et individuelle, l’éducation. Ses idées percutèrent les esprits dans la grande période prérévolutionnaire et durant notre Révolution. Elles n’ont cessé d’être déterminantes depuis dans toutes les sphères philosophiques, humanistes, sociales et politiques et dans le monde entier. Parfois, en même temps, elles seront utilisées par des idéologies qui s’opposaient. C’est toute l’ambiguïté de l’œuvre de Jean Jacques Rousseau. N’avait-il pas en 1762 … dans l’Émile :

« Nous approchons de l’état de crise et du siècle des révolutions ».

10 ans après sa mort, les Révolutionnaires de la Terreur, Robespierre, les Contre-Révolutionnaires, mais également par les libéraux, les démocrates et même ceux se réclamant d’idées totalitaires se réclamaient de ses idées ? Ce qui fit qu’aucun ne regimba contre son entrée au Panthéon. L’œuvre de Jean Jacques Rousseau fut et est démultipliée par les centaines de livres, mémoires, colloques et expositions qu’elle a suscités. Discutée et approfondie par des philosophes, sociologues, démocrates, révolutionnaires, pédagogues, musiciens, défenseurs de la nature, depuis 250 ans et de par le monde entier et ne découvre-t-on pas actuellement, qu’il fut le premier écologiste ?

Elles influèrent sur les Constitutions des Etats de son époque et encore sur la nôtre.

On peut citer :

  • les USA auprès des Pères fondateurs l’Union des Etats-Unis et dans sa Constitution.
  • l’Allemagne. Avec des emprunts à sa philosophie politique et sociale, de 1870 jusqu’à maintenant en République Démocratique.
  • le Japon actuel pour sa philosophie sur la pédagogie….
  • et bien d’autres.

Des manifestations prestigieuses se déroulent et se dérouleront encore toute l’année autour de cette commémoration et sur tous les thèmes. Partout en France et certes en Suisse, son pays natal et le sera également de par le monde, du Brésil à la Turquie, des Etats Unis à la Russie et à la Chine. Les débuts de Rousseau à Paris au Siècle des Lumières Après près de 25 ans d’errance et de petits emplois subalternes… jamais tenus bien longtemps… il s’est installé à Paris. C’est en1745 qu’il se rapproche de la servante de sa pension parisienne, l’Hôtel Saint-Quentin, Thérèse Levasseur avec qui il partagera désormais sa vie, couple on ne peut plus mal assorti.

Durant l’hiver 1746-1747, ils ont une petite fille qu’ils décident de placer aux Enfants-Trouvés. Ils auront d’autres enfants qui seront eux aussi abandonnés, peut-être d’ailleurs enfants que de Thérèse… l’histoire ne le dit pas mais on peut le soupçonner.

Ayant placé un signe de reconnaissance dans le couffin de cette première petite fille, il demandera plus tard à Mme de Luxembourg de faire des démarches à sa place pour la retrouver. Il les fera arrêter quand … Mme de Luxembourg espérait trouver celle qui était l’aînée.

A Paris, quand Rousseau commença à se faire connaître, cette Société, dite des Lumières, était déjà ouverte aux œuvres de puissants philosophes et scientifiques dont Voltaire, Diderot et d’Alembert et lui-même en fut un des plus grands. Ces élites philosophiques, sociales et politiques sont en recherche d’un nouvel ordre de gouvernement démocratique, pas nécessairement républicain au début.

Il est devenu ami des philosophes Diderot, d’Alembert , Voltaire, avec qui il se fâchera ultérieurement… Déjà connu comme ayant d’excellentes connaissances en musique en 1749, il collabore aux articles sur la musique de l’Encyclopédie.

Cette œuvre monumentale avait comme but de mettre les connaissances de l’humanité dans un dictionnaire…

En 1749 … par hasard …allant rendre visite à son ami Diderot embastillé par le Pouvoir. Rousseau prend connaissance fortuitement d’un concours pour un mémoire philosophique et littéraire, lancé par l’académie de Dijon, alors fort dynamique. Il y répond. Le 9 juillet 1750, l’Académie de Dijon couronne son « Discours sur les sciences et les arts », d’un premier prix, publié la même année….

Une reconnaissance littéraire... qui lui apporte aussi des déboires.

C’est le début de sa célébrité et des succès publics. Il a derrière lui 38 ans d’errances. Il est maintenant reconnu comme penseur.

Le Devin du Village en 1752 fait sa renommée de musicien. « Le Devin du village acheva de me mettre à la mode, et bientôt il n’y eut pas d’homme plus recherché que moi dans Paris. » (Confessions, VIII) Son roman, « Julie ou La Nouvelle Héloïse » … est mis en vente à Paris en janvier 1761. C’est un succès considérable. La mode pastorale que l’on retrouve dans le Devin du village allié au romantisme de la Nouvelle Héloïse qu’il engendre va toucher jusqu’à Versailles. Le Hameau de la Reine à Versailles est l’illustration de la nostalgie d’une vie plus rustique, dans un décor de nature idéalisée à la Rousseau.

Dix ans de galère.

1762 …. année qui commence ses malheurs quand il fait paraître deux œuvres majeures… « Du Contrat Social »… et « l’Emile »… immédiatement contestées par toutes les Autorités gouvernementales et religieuses de toute l’Europe…Les Eglises réagiront vigoureusement, catholique et calviniste, la Sorbonne, Genève, Rome, Amsterdam. L’Archevêque de Paris et le Parlement de Paris décrètent sa prise de corps, condamnent ses thèses brûlent ses ouvrages et même les habitants de Genève… lui retirent son titre de citoyen de Genève.

Mont-Louis à Montmorency.

Il est à hébergé depuis plusieurs années Mont Louis à Montmorency… le 8 juin 1762 le prince de Conti, informe Rousseau de l’urgence de fuir car il a été condamné pour la publication de l’Émile. Il lui demande de quitter Montmorency. …. Il doit fuir pour à la police et se fait recommander par des amis pour Yverdon en Suisse … trop près de Genève il trouve un autre refuge à …..Môtiers.

Môtiers

Dans le Jura Suisse Môtiers est assez éloigné des autorités. Cependant après 2 ans et demi … les gens de Môtiers, eux aussi sont excédés par ses écrits contre la Religion Réformée et leurs pasteurs. Ils sont effarés par cet homme si étrangement habillé. Par commodité personnelle, il s’affuble d’un habit… dit arménien et d’une toque. Ils se réunissent … lancent des pierres contre ses fenêtres et caillassent sa maison, dans la nuit du 6 au 7 septembre 1765, Rousseau qui a eu terriblement peur doit s’en aller. Mais Où ???

L’île de Saint-Pierre

Des amis lui indiquent un refuge pas trop loin ….à l’île de Saint-Pierre, … sur le lac de Bienne. Il s’y croie sous la sauvegarde de l’empereur Frédéric II…. ouvert aux idées modernes, et dont dépendait ce territoire. Mais le Gouvernement de Berne, activé par les habitants de Môtiers et l’église protestante, arrive à le faire expulser dès le 25 octobre… il est réellement pourchassé !!! De nouveau….. il ne sait plus où aller…

En 1766, Rousseau et Thérèse partent pour l’Angleterre.

Dans le plus complet désarroi et la peur au ventre il ne peut revenir en France, il pense à un de ses amis philosophes avec qui il a lié des liens épistolaires de qualité…. David Hume en Angleterre.

Début 1766, Rousseau et Thérèse arrivent de la façon la plus impromptue en Angleterre. Mais très rapidement … désappointé de sa réception… fort déçu dans son amitié … il se fâche avec David Hume qu’il soupçonne subitement de le trahir et dans sa tête capable de tout pour lui nuire… Il décide de rentrer en France… à ses risques et périls… Imaginons Jean Jacques et Thérèse dans la campagne anglaise se débrouillant pour rejoindre Douvres…,

Découvrons…. le village de Trie-Château qui l’accueille en 1767.

Avant de vous parler des causes qui ont fait venir le Philosophe, et de vous présenter le village … où il résidera de juin 1767 à juin 1768…. Un érudit du 19 ième siècle qualifiait : « L’histoire de Trie ….des plus … curieuses. ». Cette histoire commence à l’époque des hommes préhistoriques….. L’Allée couverte …du Bois de la Garenne et le Menhir … nous amènent environs 1000 à 2000 ans avant la construction des pyramides… !!! Positionné à la limite du domaine royal Trie Château fut le lieu de multiples rencontres des rois de France et des ducs de Normandie … jusqu’en 1204 rattachement de la Normandie au domaine royal. Sa vocation de poste forteresse avancée de la résidence royale et forteresse de Chaumont en Vexin, perdit donc de son intérêt stratégique. Cette seigneurie passa aux mains de seigneurs proches des différentes familles royales, les Trie, les La Roche Guyon, les Estouteville-Longueville, les Conti et dernier …. Louis XVI …. …. lui-même … qui acheta à titre privé et sous le sceau du secret le domaine au Prince de Conti en octobre 1783… Ce fut le premier roi qui s’accorda un domaine privé en dehors des biens de la couronne…. sentait-il le vent venir ? La forteresse avait subi, une première adaptation pour en faire une résidence de villégiature dans les années 1550. Puis le duc Henry II Estouteville- Longueville fit construire, de 1620 à 1640, le château neuf. Le village de Trie-Château autour de ces années 1750… ne se différencie guère, pour le quotidien, des villages du Vexin. C’est une collectivité de villageois tournés à vers une petite agriculture et ses artisans associés, ainsi que les serviteurs du château Le village s’est installé entre les murs dans la partie basse-cour du château et n’en déborde pas.. La proximité de Gisors et son marché du lundi… depuis le Moyen Age, permettait les achats complémentaires et le moyen de rejoindre Paris par une diligence … les mercredis et samedis et gagne la capitale après une journée de voyage. Jean Jacques Rousseau écrit d’ailleurs qu’il va poster ses lettres à Gisors.

Où….Rousseau aurait-il vécu… ?...

…. la grande question qui est posée … ….dans ce château alors composé d’une partie ancienne et d’un grand et superbe château neuf ? Que Jean Jacques Rousseau et Thérèse aient logés dans ce château neuf est fort improbable. Il ne servait depuis les Conti qu’aux rassemblements pour les grandes chasses aux « grosses bêtes ». Tous les éléments que l’on a pu rassembler confirment la présomption pour qu’ils aient habité la chambre du dernier étage de la tour dite du Commandant.

L’intérieur de cette chambre complètement dépouillé de tout décor comporte cependant deux indices : la cheminée Louis XV n’ pas été bougée un décor de peinture à la feuille d’or retrouvé sur les montants d’encadrement de la fenêtre, les tomettes au sol indiquent bien que cette salle qui fut coupée par des parois, la disposition des tommettes au sol en marquent les emplacements. Indices qui permettent de dire qu’elle n’était pas celle allouée à n’importe quel serviteur.

Et… on y arrive…. pourquoi vint-il à Trie ?

Jean Jacques Rousseau contacte le Prince de Conti qui l’invite à Trie.... cette tête d’épingle ….perdue dans le Royaume de France.

On a laissé Jean Jacques et Thérèse sur les quais de Calais … en ce 22 mai 1767… Cependant invités à rejoindre Trie, ils ne s’y rendent pas immédiatement et rejoignent Paris au grand effarement de ses amis. Rousseau était perdu… Je ne dirais pas psychologiquement malade, mais dans la crainte d’être arrêté et dans son désarroi voulait en fait en finir de cette vie d’errance, d’ailleurs il le dit.

Déjà parti en Angleterre pour se protéger, Jean Jacques craint encore pour sa sécurité en raison de sa condamnation toujours active qui stipulait une prise de corps et ses livres à être brûlés.

"…. à être lacéré et brûlé par l’Exécuteur de Haute Justice en la cour du Palais, …. au pied du grand escalier d’icelui. ».

Imaginez à cette époque être pourchassé par la police royale et celle de l’Eglise … toute puissante et dans le meilleur des cas n’aller qu’à la Bastille…. de quoi le faire frémir au moindre murmure dans son entourage.

Le marquis de Mirabeau sollicité le reçoit à Fleury, près de Meudon. Ce n’est pas une solution durable. Le prince de Conti, est seigneur de Trie Château. Il est son ami depuis longtemps et toujours très bienveillant. Il craint pour lui…. Ce prince, homme des Lumières, proche et cousin du Roi, était très favorable à l’évolution de la Société…Il ne voyait pas de difficultés à favoriser les idées nouvelles… les deux notions de dieu et de la monarchie n’étaient pas encore bannies… celles d’Eglise … et de droit divin … oui…certes ….. elles l’étaient … Sa position de prince du sang ….l’autorisait à y être sensible .... et même y souscrire, s’il le voulait sans crainte du Pouvoir et de l’Eglise.

L’arrivée à Trie

Il prie instamment Jean Jacques Rousseau de venir s’installer dans son château de Trie, dans le Vexin. Rousseau avait précédemment émis le souhait auprès du prince de Conti de connaître ce lieu. Donc Conti pensa qu’il serait enthousiaste. Jean Jacques n’a guère d’autre solution que d’accepter l’offre de son protecteur du moment. Rousseau arrive donc, avec Thérèse à Trie-Château du 21 juin 1767. Rousseau parait très heureux de Trie.

« Le château est vieux, le pays est agréable, et j’y suis dans une hospice qui ne me laisserait rien à regretter si je ne sortais pas de Fleury. ».

Séjour à Trie

L’avantage de ce château était sa proximité avec la Normandie qui dépendait du Parlement de Rouen où Conti avait des relations puissantes. Cela lui permettrait aisément d’échapper à ses pourfendeurs parisiens en se mettant à l’abri, dès qu’une alerte se présenterait. Ils sont censés vivre sous le faux nom de Renou, et Thérèse… pour sa sœur, recommandation du Prince pour maintenir le secret de sa présence … les trie-châtelains n’en seront pas dupes.

Il s’occupe activement à la publication de son Dictionnaire de Musique, ce qui lui crée beaucoup de soucis. Il continue à rédiger ses Confessions. Il s’adonne à l’herborisation et se rend souvent à l‘abbaye de Gomerfontaine, accompagné de son chien Sultan, ou chez ses nouveaux amis, les fondeurs de cloches, les frères Morel, retirés dans un écart du village Il rendait visite à l’Abbesse Mme du Pouget de Nadaillac. L’abbesse était la seule personne … dans l’environnement …. de Trie… avec qui il pouvait s’entretenir. Situation impensable venant de Jean Jacques Rousseau, il témoigne à l’Abbesse une amitié et une confiance profonde. En sa compagnie, il s’adonne à la musique et compose même un mottet, pièce de musique religieuse, lui la musique, elle les paroles.

Le départ précipité de Trie

Rousseau très vite se sent de nouveau harcelé, notamment par les domestiques du château. Il s’en fait une idée fixe et dans le souvenir de ce qui lui est arrivé à Môtiers, il les trouve peu enclins à l’accepter. Il faut dire que tous les gens de Trie qui le voient déambuler dans les champs à la recherche de petites herbes sont plus qu’étonnés et ils le moquent …peut être pas d’une façon évidente … mais il le ressent… En plus habillé comme un arménien … en soutane et coiffure de peau… Sa manie de se sentir surveillé, espionné ne le quitte plus. Il les suspecte de vouloir s’en prendre à lui… il n’y tient plus.

Ne croyait-il pas à l’empoisonnement.

Il supplie Conti de venir le visiter. Or le château n’était guère utilisé que pour les grandes chasses et le Prince ne venait pas pour entendre ses récriminations.

Les commérages de Thérèse ne plaisaient pas à Jean Jacques qui craignait, que le personnel ne soit les oreilles du Prince.

Certains des détracteurs considéraient Thérèse : « comme une fille, bête, bavarde, menteuse », …

Voltaire, la traitait d’ …. « infernale et hideuse sorcière », « affreuse chouette ».

Un parlé simple…une attitude avenante…. elle avait su se faire apprécier. En témoigne le fait d’avoir été choisie comme marraine de la fille du concierge du château Lebon, avec le curé….. Michel… comme parrain

Jean Jacques obtient une rencontre avec le Prince le 25 avril 1768 et lui demande de l’autoriser à quitter Trie.

Le Prince lui montre les risques et le modérer…c’est difficile avec son tempérament aussi excessif, dépressif et maladif… quasiment impossible.

Il déménage subitement, sans autrement en informer le Prince, le 12 juin 1768.

Avant son départ de Trie, Rousseau, par précaution, confie à l’abbesse de Gomerfontaine …divers manuscrits dont un cahier des Confessions et une liasse de lettres d’admirateurs. Il lui confie la protection de Thérèse Levasseur qui reste quelques temps encore à Trie.

Il semble que des difficultés soient nées au sein du couple avec Thérèse, qui, elle, avait lié des connaissances et se plaisait à Trie. On soupçonne qu’il lui avait laissé le choix de le rejoindre ou pas ?

Ses dix dernières années.

En1768 Thérèse s’est décidée à le rejoindre et ils effectuent différents séjours dont celui de 1769 à Bourgoin, à la ferme de Monquin où il épouse enfin Thérèse. « J’ai fini sur mes vieux jours par l’épouser, sans attente et sans sollicitation de sa part, sans engagement ni promesse de la mienne. ». (Confessions, IX) De nouveau il rentre à Paris en 1770, où Jean Jacques réside dans la crainte d’être arrêté. La protection du Prince de Conti encore une fois le protège cependant des Autorités parisiennes … encore vives contre lui. . En mai 1778, s’ennuyant à Paris, brouillé avec tous ses amis, il quitte Paris pour Ermenonville où le Marquis de Girardin l’accueille dans sa belle propriété. Le 2 juillet 1778, il meurt subitement dans son pavillon d’Ermenonville. Rousseau est enterré le 4 juillet 1778 sur l’Ile des peupliers d’Ermenonville où il restera inhumé seize ans.

Sa panthéonisation La décision de la translation est décidée … pendant la Grande Terreur…. avec comme principal initiateur Robespierre. La Convention Nationale ….prend un décret de transfert de la dépouille de Jean Jacques Rousseau au Panthéon le 14 avril 1794. Robespierre …est guillotiné 2 jours après sa chute, le 28 juillet 1794. Le transfert se fait au cours de cérémonies grandioses qui durent 3 jours, les 9, 10 et 11 octobre 1794 sans son principal initiateur.

Donc JJR entre au Panthéon … avec ceux qui furent les opposants de ceux qui en avait été les initiateurs. !!!!!

« Il ne fut jamais désavoué comme une des gloires de la Nation Française. ». Un honneur, que nous partageons avec bien d’autres lieux où séjourna JJR. « Ici repose l’homme de la nature et de la vérité. ».

Et Trie dans cette mémoire… Tous les lieux rousseauistes ont été mis en valeur…. Cette belle statue … inaugurée …le 30juillet 1911…qui malheureusement se détériore…. est là pour nous le rappeler…

Je crie pour qu’une solution de sauvegarde soit trouvée car son calcaire tendre se dégrade avec la corrosion des échappements des véhicules. Il faudrait restaurer sa chambre, élément fondamental de sa mémoire dans l’Oise, qui le vit séjourner un an dans un état de pourchassé et resserré par les polices des pouvoirs en place, gouvernementaux et religieux, pour qu’elle soit un lieu de souvenir de ce génie… être un lieu de présentation de souvenirs. Il faut en obtenir la réhabilitation par décisions des Institutions Municipales, celles-là sont acquises …. mais aussi Régionales et de l’Etat ….… qui ne le sont pas…. malheureusement. !!!!

Novembre 2012 Jacques Germand

DROIT DE LA PROPRIETE INTELLECTUELLE ET ARTISTIQUE.

Mes sources :

- Les études d’Erudits locaux : - de Vesly, - Fitan, - chanoine Meurot.

- De sites internet liés à l’Histoire.

- Des documents des Archives : - Nationales, - de journaux anciens, - de l’Oise - privées ou personnelles - et du Val d’Oise - Youtub - de l’Eure - de la BNF - Chambre des Députés,

La consultation de sites d’auteurs sur internet, libre d’accès.

Des biographies en préliminaires des ouvrages des auteurs.

Le montage vidéo a été présenté, sans but lucratif.

Clermont en Beauvaisis …….. Novembre 2012

Jacques Germand,


Documents joints

Texte de l'intervention de Jacques Germand au (...)
Texte de l'intervention de Jacques Germand au (...)
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documents iconographiques
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