les aspirants commissaires du cas pas cas n’ont pas de honte !

mardi 13 novembre 2012
par  lpLoire
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Réhabilitation des fusillés de 1914-1918 : les aspirants commissaires du cas pas cas n’ont pas de honte !

Trop c’est trop. Alors que la réhabilitation définitive et collective des fusillés pour l’exemple de la guerre de 1914-1918 semblait enfin devoir se conclure positivement, voilà qu’un ultime obstacle a surgi . De doctes personnages, probablement férus de mythologie, et se prenant du même coup pour les « peseurs d’âmes » du jugement post-mortem, ont décide de s’opposer à une réhabilitation collective des fusillés.

Raison invoquée ; il pourrait s’en trouver parmi eux de vrais coupables ! Scrupule extraordinaire ! Objection renversante !

Comment, alors que la machine de guerre, mise en route en août 1914, en procédant à la mobilisation générale, a considéré comme chair à canons tout à fait valable des « repris de justice » de toutes espèces, et en a fait de bons soldats, de braves poilus dignes de la reconnaissance émue de la Nation, n’hésitant pas à en décorer plus d’un pour tel fait d’arme, voici qu’un siècle après que ceci s’est passé, de très respectables têtes pensantes entendent s’ériger en héritiers terrestres des fameux juges des Enfers, Eaque, Minos et Rhadamanthe, imaginés en leur temps par les Grecs pour conjurer la crainte de la mort ?

Juges suprêmes, arbitres de l’entrée ou non dans le domaine des élus réhabilités, nos modernes peseurs d’âmes, après une estimation aussi laborieuse qu’aléatoire du pour et du contre, décrèteraient : un tel mérite d’être réhabilité, tel autre ne le mérite pas !

On croit rêver.

Ainsi les repris de justice, les « droit commun » sous l’uniforme, ne posent pas problème à nos aspirants commissaires ; nombre d’entre eux ont été considérés comme des héros et honorés comme tels, ils ont parfois été décorés, voire galonnés, surtout s’ils ont rendu service à leurs supérieurs, mais tel pauvre type, qui s’est fait prendre un poule volée à la main, ou qui est parti en goguette jusqu’à l’ivresse, lui, rattrapé par une justice expéditive de « terrain », il aurait été « à bon droit » fusillé par des balles françaises et serait exclu de la réhabilitation !

De quelle justice transcendante nos aspirants commissaires se prévaudraient—ils pour trancher de la sorte ? Confortablement calés dans leurs fauteuils de « juges suprêmes », prétendraient-ils avoir la capacité véritablement surhumaine de démêler le vrai du faux dans les dossiers des fusillés ? Quand ces dossiers existent – rappelons qu’au moins vingt pour cent ont disparu définitivement - rien, absolument rien ne garantit que les pièces qu’on peut y trouver n’en ont pas été frelatées par un commandement aux abois faisant fonctionner à plein régime la machine infernale de « l’exemple ».

Alors que les faits se sont produits dans des conditions que l’imagination même éprouve la plus grande difficulté à se représenter, alors qu’il tombait parfois dix obus à la minute sur un mètre carré, alors que tel poilu venait de patauger dans les entrailles de son voisin éviscéré par une terrible mitraille, alors que tous, dont la plupart souvent à peine sortis de l’adolescence, avaient à affronter au quotidien, en plus de l’orage d’acier, de fer et de feu, la pluie qui transperce, le brouillard qui égare, le froid qui glace, les rats ignobles, sans compter la solitude des sentiments et tout ce qui s’y rapporte, des commissaires réunis cent ans après tout ça, avec assurance et conviction, trancheraient, trieraient, sépareraient le bon grain de l’ivraie et excluraient du bénéfice posthume de la réhabilitation tel poilu qu’ils en « jugeraient » indignes ?

Non, décidément non, nous ne marcherons pas dans cette mascarade. Elle est indigne. Dans certains milieux d’historiens on nous appelle des « militants » de la cause de la réhabilitation collective. Oui, nous le sommes, et nous avons le sentiment très fort que l’opinion nous donne raison.

Militants de cette belle cause, nous ne sommes pas décidés à admettre l’inadmissible.

Nous ne lâcherons pas, nous ne lâcherons jamais sur ce que doit la Cité (au sens noble de la polis grecque) à ceux qu’elle a envoyés au « casse pipe » et notamment ceux qui ont été tués sur ordre par des balles de cette même Cité, en l’occurrence la nation française.

Nous le répéterons jusqu’à ce que la réhabilitation politique de tous les fusillés soit effective.

Le chef de l’Etat, les assemblées parlementaires, ont le pouvoir de la décider.

Qu’on ne compte pas sur notre complicité pour une quelconque mise en scène de ce qui ne pourrait être qu’une parodie de justice se voulant « suprême ».

La représentation de la tragédie doit être close.

Le rideau doit enfin tomber.

Il porte en lettres géantes :

RÉHABILITATION COLLECTIVE DES FUSILLÉS DE 1914-1918

Pierre Roy, 11 novembre 2012


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